L’annonce de la maladie du charismatique Hocine Aït Ahmed a jeté l’émoi et la consternation au sein de la population de toute la région de Aïn El Hammam. Aït Ahmed est originaire du village Ath Ahmed, à une dizaine de kilomètres du chef-lieu de la commune d’Aït Yahia qui relève de la daïra de Aïn El Hammam, au Sud-est de Tizi-Ouzou. Les citoyens, toutes tendances politiques confondues, ne tarissent pas d’éloges envers celui qu’ils appellent affectueusement, par son prénom «Si L’Hocine» ou «Da L’Hocine». Les informations distillées par les réseaux sociaux font vite le tour de la cité où les gens sont à l’affût de la moindre information, concernant l’évolution de la maladie du président du FFS dont l’ex Michelet est le fief. «Nous savons qu’il a été malade à plusieurs reprises, ces derniers temps, sans qu’on ne nous alarme. Cependant, si, cette fois, on éprouve le besoin d’en informer la population, c’est que la maladie est grave», note, les larmes aux yeux, Hocine, jeune militant du FFS et qui dit porter fièrement ce prénom. Un cadre de la SAA locale, Hocine, natif du même village qu’Aït Ahmed, se rappelle de ses brefs séjours au village où il jouit d’une estime à nulle autre pareille. «Je l’ai vu deux fois lors de son passage chez nous. Je me souviens qu’en discutant avec les jeunes qui voulaient qu’il leur parle de démocratie, Si L’Hocine leur rappelle qu’en 1963, à l’assemblée nationale, il avait défendu des communistes qu’il n’appréciait pourtant pas à l’époque». Un autre fait marquant mérite d’être signalé au moment où la course aux biens fait rage. Notre interlocuteur nous fait savoir, entre autres actions de bienfaisance, que «l’école, le dispensaire et le château d’eau du village ont été construits sur la propriété de Hocine Aït Ahmed qui en a fait don. Ses interventions lors de conflits entre villageois ou villages voisins aboutissent toujours à assouplir les dissensions». Si Abdellah, la soixantaine bien entamée, enseignant dans une école privée, avoue : «Sans être un militant de son parti, je salue le grand homme qu’est Da L’Hocine. C’est un homme qui a marqué l’histoire et l’histoire est éternelle. Il n’a jamais trahi ses principes ni personne d’ailleurs. Il a tracé une voie que tout citoyen nationaliste doit suivre. J’ai eu l’occasion de le rencontrer et je me suis rendu compte qu’il émerge, il est au-dessus de tous». Téléphone en main et constamment en contact pour s’informer des développements de la maladie de son chef, Saadi Ould Hamou, cadre du FFS élu à l’APW, insiste sur « cet homme qui a toujours combattu pour instaurer la démocratie en Algérie, dont il a fait l’un des principaux objectifs de sa vie. Comme tous ceux qui connaissent la valeur de l’homme, je suis profondément triste pour celui qui a toujours été présent pour éviter que le pays ne sombre dans le chaos.» «Choqué par la triste nouvelle, j’ai le cœur brisé en parlant de cette mémoire vivante», déclare maître Améziane, avocat. Da Oussaid, poète de Taourirt Amrane, comme tout autre citoyen anonyme rencontré en ville, dira : «Si L’Hocine, un homme difficile à remplacer, a toujours été au service de la nation. Dommage qu’il n’ait jamais occupé un poste qui lui aurait permis de mettre ce pays sur rails. » Au moment où nous mettons sous presse, la population de Aïn El Hammam reste suspendue aux informations des réseaux sociaux pour s’informer de l’évolution de la maladie de cet homme exceptionnel.
A.O.T.
