Les prix de plusieurs denrées alimentaires, à l’image des légumes et des fruits, connaissent une hausse vertigineuse depuis les premières pluies de cette année.
Les citoyens commencent à s’habituer à chaque saison hivernale à ces flambées des prix qu’accentue la perturbation dans la distribution du lait qui complique la vie des habitants de Bouzeguene et d’Azazga
Ainsi, lors d’une virée qu’on a effectuée chez une vingtaine de marchands de fruits et légumes et dans des épiceries, le constat était le même : les prix sont inaccessibles pour les citoyens à revenu moyen et que dire alors de ceux dont les revenus sont dérisoires.
A titre indicatif, les haricots sont affichés à 350 DA, l’incontournable pomme de terre fait 65DA, le poivron 200 DA, le piment 190DA, la tomate est cédée à 100 DA, l’oignon dont on ne peut pas se passer en cuisine est à 70DA. « C’est une folie ! Les prix des produits nécessaires ont grimpé. Si ça continue comme ça, le froid qui persiste va nous affamer ; à chaque fois que la météo annonce la neige, la première des choses qu’on ressent est bien la hausse excessive des prix que ça soit des produits alimentaires. C’est devenu une coutume dans notre région. » s’indigne un citoyen.
Pour les fruits, les habitants d’Azazga et de Bouzeguene, mis à part quelques nantis, ont oublié d’en consommer. La pomme est à 300 DA / kg, la banane à 180 DA /kg, l’orange, pourtant un fruit bien de chez nous, elle se vend à 170DA / kg. « Je n’achèterai ces fruits que sur ordonnance médicale ! », ironise un citoyen. Ainsi, la vie est devenue très chère, les légumes qui normalement doivent être à la portée de tout le monde sont au prix de la viande à laquelle le citoyen à moyen revenu ne pense même pas sans parler de ceux qui touchent moins de 20 000DA par mois. « Je ne me permets ni la viande ni les fruits, je touche 30 000DA par mois, ça ne suffit même pas pour la semoule, l’huile, le sucre et le café : tout est cher. Le médecin, le dentiste et on endure la flambée des prix des légumes. Où allons nous ainsi ? Si ce n’était pas mon père retraité qui prend en charge les factures du gaz et de l’électricité je ne pourrais pas m’en sortir. », souligne un père de famille. Les commerçants qui achètent au marché de gros disent qu’ils ne prennent qu’une petite marge n’excédant pas les 30 DA le kilo. En effet, en raison des perturbations climatiques notamment la neige qui a bloqué plusieurs routes, les marchands de détail ne se sont pas déplacés pour s’approvisionner en marchandise et puis la quantité a largement diminué. « L’offre est plus importante que la demande, c’est ce qui a causé la hausse des prix des fruits » selon quelques commerçants. « L’absence de contrôle a laissé les commerçants jouer avec les prix ainsi ça change du jour au lendemain. Dans les villages, les prix doublent par rapport à la ville. On justifie cette disparité par les frais du transport comme si les commerçants faisaient le marché dans un autre pays. » dira une citoyenne. Néanmoins, la plupart des gens qu’on a rencontrés durant notre tournée s’accordent à dire que le consommateur a une grande part de responsabilité « les clients peuvent boycotter l’acte d’achat des denrées alimentaires inaccessibles à tous les citoyens ; c’est la seule manière de faire baisser les prix. Nos citoyens au contraire ont pris l’habitude d’acheter plus quand ils sentent un manque et ça ne fait qu’encourager les commerçants à augmenter encore et encore les prix. » souligne un père de famille. Là on commence à ressentir l’obligation de redevenir une société productive. Nous devons retourner au travail de la terre, tout peut se cultiver localement. Jadis, chaque foyer avait un jardin et c’était une honte d’acheter au marché des cardes ou de l’oignon. On a des champs qui sont abandonnés. « Il faut encourager nos jeunes à faire de l’agriculture si nous voulons cesser de nous lamenter sur ces hausses. » dira un vieux rencontré devant une épicerie.
Fatima Ameziane.

