Les pénuries de lait pasteurisé en sachet continuent de constituer des débats interminables dans les lieux publics. La laiterie de Draâ Ben Khedda n’arrive plus à satisfaire sa clientèle en nombre suffisant de sachets de lait. La ration de chaque commerçant de la ville est réduite de moitié. Tous s’élèvent, comme un seul homme, pour dénoncer cette nouvelle méthode qui ne satisfait guère les ménages quant à ce produit à large consommation. «J’ai l’habitude d’acheter 24 bacs de lait. Aujourd’hui, le livreur me sert 12. C’est la moitié et je ne peux satisfaire mes clients» nous avance chacun des commerçants, avec une note d’amertume mélangée à de la colère. Un autre, ne mâche pas ses mots en affirmant : «C’est le scénario de l’an dernier qui refait surface. La poudre destinée au lait est détournée pour la fabrication de camembert et des yaourts et autres produits dérivés du lait. Ce n’est pas normal !». Il est constaté que lors de la livraison des bacs de lait chez un commerçant, c’est la bousculade et des propos (…) fusent de partout. «Je sers deux sachets à chacun de vous, pas plus SVP !» lance le commerçant. Impuissants, certains se résignent, d’autres crient leur ras-le-bol et dénoncent cette pratique nouvellement inventée par le patron de la laiterie. Si dans le chef-lieu de Daïra de Draâ Ben Khedda, ces sachets sont plus ou moins distribués, même en quantité insuffisante, il n’est plus le cas dans d’autres localités qui souffrent le martyre. C’est le cas de Tirmitine, de Tadmaït, de Sidi –Namane. Et que dire des zones montagneuses qui n’ont pas vu de lait en sachet depuis quelques jours déjà. «La ration de nos enfants est aussi réduite ! » nous dit un père de famille» et de s’interroger : «Pourquoi cette poudre manque-t-elle ?» C’est ce que nous avons essayé de comprendre et de connaître l’avis du directeur de la laiterie de Draâ Ben Khedda. Nous nous sommes déplacés pas moins de six fois et à chaque fois, l’agent nous répond : «Le directeur n’est pas là aujourd’hui ou le directeur vient juste de sortir ou il est en réunion avec ses adjoints u il est retenu par un travail à l’extérieur » entre autre prétextes fallacieux connus de tous. La liste de ces prétextes est assez longue dans les répertoires des responsables. Un adjoint, un responsable commercial répond l’agent au téléphone : « Le directeur n’est pas là et moi, je ne peux recevoir les journalistes. Je ne suis pas habilité !» Une fuite en avant qui pourrait, malheureusement, alimenter les rumeurs et leur donner raison.
Arous Touil
