La RN8-bis, ex-CW 127, allant de la ville de Bouira à Sour El Ghozlane sur 32 kms, ne cesse de se dégrader, y compris par la manière dont on la « rapièce » actuellement. Ayant subi le poids exagéré des grands camions et semi-remorques transportant les produits de carrières, lesquels sont disséminés dans le territoire d’El Hachimia et Oued El Berdi sur un rayon de plus de 15 kms, cette route, qui dessert aussi le Sud-est du pays, est devenue la hantise des automobilistes du fait de la formation des ornières, crevasses, grosses fissures et multiples bosses sur sa chaussée. Après avoir inauguré le 1er novembre dernier, en son milieu (au carrefour d’Oued El Berdi), un autopont qui laisse passer au-dessous la nouvelle route express vers Sour El Ghozlane, les autorités ont installé une entreprise pour la réhabilitation de la chaussée dégradée. Les travaux ont coïncidé avec les grandes intempéries de décembre et janvier. Mais, pour les travaux, il s’agit plutôt de « rapiéçage », consistant à décaper le bitume sous forme de rectangles, là où se concentrent les points de dégradation de la chaussée, et remplacer la couche superficielle. Le nombre de carrés décapés s’est multiplié sur le côté droit, dans le sens de la ville de Bouira, si bien que la circulation ne se fait que sur le côté gauche, rendant le trafic des véhicules des plus ardus. Par intermittence, des tronçons entiers de 200 à 300 m sont décapés entièrement, mais sur une épaisseur minime, celle de la dernière couche de bitume. On a, ainsi, créé une véritable mosaïque de carrés et de petits tronçons décapés et qui tardent à être colmatés. La grande question qui se pose est l’opportunité de tels travaux de surface sur une route qui subit des dommages en profondeur. Le sol s’est affaissé à plusieurs endroits sur des dizaines de centimètres suite au passage continu de camions surchargés de granulats et de ciments. Et pourtant, une plaque de signalisation au niveau du carrefour d’Oued El Berdi interdit le passage des camions de 20 tonnes sur itinéraire. Les premiers à se plaindre de l’état de la route ce sont bien les transporteurs publics de voyageurs, lesquels font des navettes incessantes entre Bouira, El Hachimia et Sour El Ghozlane. Un chauffeur de fourgon Karsan, exaspéré par l’état de la RN 8-bis et de la manière dont sont pris en charge les travaux de réparation, lancera en colère: « cela continuera à faire le bonheur des mécaniciens », avouant qu’il venait de refaire la grande partie de ses suspensions. « Ce que l’on gagne en une année, on le dépense dans la pièce mécanique en une semaine! », regrette-il.
N.M.Taous
