La famille sportive béjaouie en général et Mobiste en particulier est en deuil, après le décès de l’un des membres fondateurs du Mouloudia Olympique de Bougie, Fatah Mahindad, 91 ans, enterré avant-hier à Béjaïa. Le défunt est né en 1924, au quartier Sidi El Khider, à Bab Ellouz. Il a été à l’école coranique et avait comme enseignant et moudarisse son oncle si Mahmoud. Par la suite, il rejoignit l’école Ammour Abdelkader. Le défunt a notamment fait partie des scouts musulmans de Bougie, la véritable école du patriotisme avec les Zaouche, Keramane, Baba-Aissa, Azouaou, Bouyahia, Boumssila, Si Hassen Hermouche et Bakli, et a côtoyé d’éminents chouyoukhs et personnalités tels Cheikh El Hadi Zerrouki, Cheikh Ali Chentir et Si Mahmoud Bouzouzou. Si Fatah Mahindad avait également embrassé la cause nationale en adhérant dès son jeune âge au PPA comme responsable de la région de Toudja avec Si Rachid Ihaddaden. Quelques mois après la première guerre mondiale, il alla en France où il entreprit des études, à l’école des arts et de la coiffure de Paris. A son retour à Béjaïa, en 1946, il créa, avec Abdelmadjid Bouyahia, Mustapha Talantikit, Youcef Kebache, Ahmed Chaabane, Hafid Tamzali et Mokhtar Terki, le CS Bougie où il fut joueur puis entraîneur. Le jour de la fusion, en 1954, des deux clubs de Bougie, le CSB et l’USB, c’est si Fatah Mahindad qui donna les couleurs du Mouloudia Olympique de Bougie, grand admirateur du Mouloudia d’Alger qu’il était. Dès le déclanchement de la révolution en 1954, il repartit en France et s’installa à Nice où il a travaillé comme coiffeur, il était très proche de Hafid Keramane, diplomate et homme d’Etat algérien, membre de l’UGEMA. A Nice, il a connu et aidé de nombreuses figures révolutionnaires algériennes à se réfugier en Italie de peur des représailles de la police française et ce, en attendant leur transfert vers la Tunisie. De retour à nouveau à Béjaïa pour des raisons familiales, il retrouve son salon de coiffure et se dirige vers l’arbitrage des rencontres footballistiques. Arrêté par la police pendant la vaste opération de recherches en 1959 avec son frère si Mokhtar, vétéran de le guerre d’Indochine, que les français soupçonnait de fabriquer des bombes, et après avoir passé quelques temps en prison, il fut libéré suite à l’intervention de Si Sadek Abderrahim et d’El hadj Mahmoud El Harrar. Si Fatah reprit normalement ses activités clandestines. A l’indépendance de l’Algérie, toujours au service du sport en général et le football en particulier, si Fatah a créé en 1963, le Wifak Riadhi de Béjaïa (WRB) avec les frères Berghout, Zidane, Benamor, Khellil, Bouzemboua, Ladjouz, Akli Sellami, Khima, Ould-Ali et Ammeur. A partir de 1965, si Fatah intégra le milieu du tourisme où il travailla à l’hôtel Saint Georges d’Alger et de l’hôtel des Hammadides fraîchement inauguré. Si Fatah était aussi mélomane, toujours aux côtés de son ami et mentor cheikh Sadek Adek Bouyahia, avec qui il a sillonné le pays. Il fut co-fondateur du conservatoire de musique en 1972 avec Si Ahmed Terki, Si Sadek Bouyahia, Salah Keribeche, Rachid Baouche, Kemal Barchiche, Ahmed Mansour et Lyes Khodja. La direction de l’orchestre fut confiée au virtuose de la musique arabo-andalouse cheikh Sadek El Bedjaoui. Retraité du ministère du Tourisme depuis 1985, Si Fatah retrouve son salon qui ne lui servait que de lieu de rencontre entre amis et parents, et plus de lieu de commerce. Toujours au service des gens et des plus démunis comme fut son défunt père, Si Fatah a présidé l’association de la mosquée de son quartier Abou Soufiane avec Feu Si Boualem Boudjeloud. L’association des anciens joueurs du MOB lui avait rendu un hommage l’été dernier, en lui rendant visite chez lui. Malgré la maladie, il était très content du geste de la dite association que préside Hachemi Kafi. Repose en paix Si Fatah, ton cher club est leader de la Ligue1 professionnelle.
Z.H

