L’Aïd fait flamber les prix

C’est incontournable, à chaque veille de l’Aïd les prix flambent. A commencer par les moutons. Si déjà quelques semaines avant cette fête, ce quadrupède, synonyme aujourd’hui de « fantaisie » car il a perdu sa vertu de sacrifice dictée par la sunna, est affiché au plus prix de 20 000 à 35 000 DA, il demeure aussi que tous les autres prix ont grimpé. Le poulet qui avait atteint son plus bas prix (90 DA le kg), a été cédé jeudi dernier, jour de marché hebdomadaire, à 160 dinars le kg. A deux jours de la fête du mouton, de nombreuses camionnettes, chargées de ces bêtes, stationnent un peu partout. Il y a lieu de souligner que, contrairement aux années précédentes, il y a quand même une grande appréhension des clients qui ne peuvent plus permettre ce cadeau à leurs chérubins. Nombreux sont ceux qui préfèrent acquérir des micro-ordinateurs que d’égorger un mouton. L’autre aspect qui domine ces jours qui précèdent l’Aïd est la prolifération de marchands de gadgets de tous genres. Effectivement, tous les trottoirs sont inondés de jouets à des prix variables allant de 100 à 1 200 dinars. Si les parents ne peuvent pas se permettre le mouton, ils essaient de combler ce manque en offrant à leurs enfants des vêtements. Certains se rabattent sur les habits de marque chinoise cédés à des prix raisonnables (600 dinars pour un ensemble) et 500 dinars pour une paire de chaussures, alors que les moins nantis préfèrent toujours fouiner dans la friperie en vue de vêtir leurs enfants en cette période de fêtes. Ce qui attire surtout notre attention est cette flambée des prix des fruits et légumes. A deux jours d’intervalle de l’Aïd, la banane a atteint 140 dinars, l’orange 100 dinars, les haricots verts et les petits pois à 140 dinars et, bien sûr, la liste est longue. Les pâtisseries, de leur côté, ne chôment pas ces derniers jours. Après avoir réalisé une bonne « affaire à l’occasion du nouvel an, ils se préparent à un autre grand rendez-vous. D’ailleurs, ils recourent tous à la préparation de gâteaux traditionnels. Quant aux fidèles, ils pensent à la prière de l’Aïd tout en souhaitant qu’elle ne se déroulera pas sous la pluie, car, en raison de l’exiguïté de la mosquée Ali-Mellah de la ville, ils devront faire des kilomètres pour accomplir ce devoir religieux. Il y a tout de même une chose très importante à souligner : la paix qui s’est installée ces derniers temps fait renaître l’espoir, et ce en dépit de tous les autres manques. Beaucoup de citoyens éprouvent d’énormes problèmes à s’offrir une bonne fête. Souhaitons-leur malgré, tout bonne fête.

Amar Ouramdane