La couverture sanitaire dans la commune d’Ighil Ali est grevée par de multiples carences. L’accessibilité aux soins, dont les pouvoirs publics ont fait leur dada, relève de l’utopie pour la majorité des citoyens de cette circonscription rurale déshéritée. Les structures de santé de proximité se comptent sur les doigts d’une seule main. Hormis le centre de santé du chef-lieu de la commune, aucune des deux unités de soins implantées aux villages Takorabt et Belayal n’est médicalisée. Les usagers n’ayant donc droit qu’à d’hypothétiques prestations relatives aux soins infirmiers, lesquelles sont assurées par un agent paramédical. Des efforts ont été pourtant consentis au cours de ces dernières années par les autorités sanitaires, en dotant le centre de santé d’un point d’urgence, d’un appareil de radiologie et d’un laboratoire d’analyses. « On doit songer à rendre opérationnel H24 le point d’urgence, pour épargner à la population les évacuations périlleuses de nuit vers l’hôpital d’Akbou, distant d’une trentaine de Kms », revendique un jeune citoyen d’Ighil Ali, tout en saluant ces acquis qu’il trouve néanmoins en deçà de attentes de la population. Cependant, nous signale-t-on, la carence qui se fait cruellement sentir est celle relative à l’absence d’une maternité rurale, à même de permettre aux parturientes de la région une prise en charge rapide et sécurisée. Cette revendication est manifestement portée à bout de bras par le commun des citoyens d’Ighil Ali. « L’ouverture d’une maternité rurale relève d’une urgente priorité. Notre région est tellement éloignée des agglomérations urbaines dotées de moyens nécessaires. Il ne faut pas oublier aussi qu’une telle structure, si elle venait à se concrétiser, desservira, en sus d’Ighil Ali, la population des communes limitrophes, à l’image d’Ait R’zine et Boudjelil », estime un vieillard du village Ath Saci. « On a du mal à imaginer, qu’en 2015, des femmes accouchent, à leurs risques et périls, dans une voiture ou un fourgon », souligne un autre citoyen d’Ighil Ali. Par ailleurs, le P/APC, qui se fait l’écho des préoccupations de ses administrés, nous confie soutenir sans réserve cette revendication en rapport avec la maternité. Il affirme avoir saisi qui de droit pour « demander son inscription ». « Toute la population, et particulièrement les habitants des villages comme El Kelaâ et Tazla, éloignés de plus de 50 Kms de la maternité la plus proche, souffre énormément de cette carence,», déclare le maire, pour étayer son argumentaire
N. Maouche
