La tension est de retour dans la commune de Barbacha. Après une accalmie d’une année et demie, suite à la désignation du secrétaire général de la commune comme gestionnaire des affaires courantes de l’APC, en vertu d’un arrêté du wali de Béjaïa, l’instabilité risque de reprendre le dessus dans la collectivité après que le tribunal administratif eut ordonné un retour à l’ordre institutionnel.
En effet, des citoyens de la commune de Barbacha, qui se désignent par « l’Assemblée générale ouverte de la population d’Ibarbachène » (AGO), ont affiché leur refus catégorique à la remise de l’APC aux élus et ont exigé le maintien du S/G comme son gestionnaire. « Deux années et demie après la confiscation de la volonté populaire exprimée lors des élections locales du 29 novembre 2012 et les événements douloureux qui s’ensuivirent, et une année après le retour de la stabilité et du redémarrage du développement de notre commune, les élus de l’alliance (en mauvais élèves qui n’ont pas retenu la leçon qui leur a été administrée par notre digne population), appuyés par l’inconséquence de la Chambre administrative de l’institution judiciaire de Bgayet, veulent remuer le couteau dans la plaie, encore non fermée », écrit l’AGO dans un communiqué parvenu à notre rédaction. Ces citoyens, qui disent avoir donné leur aval à la prise de fonction du S/G Toufik Adnane comme gestionnaire de l’APC de Barbacha, menacent de reprendre le chemin de la protestation si la gestion de la mairie est confiée aux élus de l’alliance RCD-FLN-FFS.
« Toute remise en cause de cette stabilité nous obligera à rompre le consensus et à reprendre notre bataille pour la dissolution effective de cette APC. Et, comme le temps nous a donné raison, nous élargirons notre mouvement, en fédération avec l’ensemble des populations qui souffrent du blocage de leurs collectivités locales : APW de Bgayet en tête, APC d’Akbou, d’Amizour, d’El Kseur, de Tameqra,… et d’ailleurs », a-t-on averti. Pour rappel, le tribunal administratif de Béjaïa a ordonné début février, l’annulation de l’arrêté du wali portant le transfert de la gestion de l’APC de Barbacha au S/G de la commune, suite à une plainte déposée, en juin 2014, par le P/APC Mohamed Benmeddour, issu de l’alliance RCD-FLN-FFS. Les élus du PST, qui ont obtenu une majorité relative aux élections locales 2012, mais écartés de l’exécutif, suite à une alliance contractée par les mandatés issus des listes RCD-FLN-FFS, avaient remis leurs mandats à l’assemblée communale populaire. Ainsi, un retour à la case départ n’est pas à exclure au niveau de cette municipalité de plus de 25 000 habitants. « La remise de l’APC entre les mains des élus ouvre la voie à toutes les spéculations et gesticulations de celles et ceux qui souhaitent réanimer les conditions du retour à la situation de blocage et de marasme connue par notre commune », affirme-t-on dans le communiqué de l’Assemblée générale ouverte de la population d’Ibarbachène.
Boualem Slimani
