Aïn-Zaouïa Ils ont battu le pavé pour dénoncer le manque de ramassage scolaire – Les collégiens de Boumahni en colère

Originaires des villages de Tizi-Ameur,Kantidja ou d’Ikouvaine, situés aux confins Nord de la commune d’Ain-Zaouia, les élèves scolarisés au collège d’enseignement moyen « Frères Sadat » de Boumahni dont la plupart ne sont pas plus haut qu’une pomme n’ont pas hésité à descendre battre le pavé sur plus de six kilomètres par ce froid glacial pour rallier le siège de l’APC d’Ain-Zaouïa pour crier haut et fort leur colère. « Nous sommes venus à Ain-Zaouïa pour rencontrer le président de l’APC pour qu’il sache non seulement le calvaire que nous endurons bi-quotidiennement avec ces camions du ramassage scolaire où on nous entasse et qui s’apparentent plus à des boîtes de sardines ou à des boites d’allumettes. Leurs bâches censées nous protéger de la pluie ne sont que des tamis alors que les retards nous causent beaucoup de torts » nous déclarent ces enfants. En l’absence du P/APC, c’est son adjoint, en l’occurrence, M. Ahmed Mammeri qui a eu à recevoir, en cette matinée du jeudi passé une délégation de collégiens qui lui a donc fait savoir de vive voix ce qu’elle attend des élus locaux afin d’améliorer leurs conditions de transport scolaire. « Il est vrai, comme la plupart des communes, nous avons un grand déficit en matière de transport scolaire d’autant plus qu’avec le manque de véhicules vient se greffer le très grand nombre de villages aussi éloignés des uns des autres que nous devons couvrir. Il faut également assurer le transport de nos lycéens vers les trois établissements d’enseignement secondaire de la ville de Draa-El-Mizan », nous déclare M. Ahmed Mammeri, devant le siège de l’APC. A voir la mine enjouée de notre interlocuteur, il n’est pas difficile de deviner que le courant est bien passé avec ces collégiens qui devaient s’avérer de grands négociateurs malgré leur jeune âge. « Effectivement, nous sommes heureux de trouver en nos enfants cette grande intelligence mais surtout cette culture ancestrale que nous avons héritée de nos aïeux qui est celle de Tajmaat, du dialogue » nous confie M. Ahmed Méziani, membre de l’exécutif communal au milieu de ces bambins alors qu’il attendait l’arrivée d’un bus qui devait les ramener à Boumahni, à leur établissement. Alors que le bus s’éloigne avec tous les petites mains qui sortent en signe d’au revoir, nous demandons à M. Ahmed Méziani de nous faire une petite analyse de ce mouvement juvénile d’autant plus que nous avons entendu de la bouche de ces enfants certaines choses graves comme le désintéressement de leurs parents à leurs problèmes. « Ces enfants ont été purement et simplement manipulés ! C’est malheureux de le dire mais quand on arrive à se servir des gosses pour arriver à leurs fins, il ne reste plus rien à dire, » conclut notre interlocuteur, vraiment navré ajoutant qu’avec l’ouverture du nouveau lycée de la localité le transport scolaire auquel sont consacré plus de six cents (600) millions de centimes annuellement ne connaîtra plus cette pression.

Essaid Mouas