«Je fais attention à ce que j’écris»

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Rabah Boucheneb est né en 1957 dans le ârch des Ait Laziz, dans la wilaya de Bouira. Géologue de formation, il s’investit avec jouissance dans l’univers livresque. Il a traduit ’’Zadig’’ de Voltaire en tamazight. D’autres traductions et créations sont à son actif.

La Dépêche de Kabylie : Vous êtesgéologue de formation, à priori rien ne vous prédestinait aux Lettres…

Rabah Boucheneb : Je suis de cette génération qui a suivi un cursus scolaire dans lequel la langue française était omniprésente. Ma maîtrise relative de la langue vient de là. A côté de cela, très jeune, j’ai été au contact des livres que je n’ai plus lâchés depuis. Quand on a baigné dans un environnement pareil on ne peut qu’aimer la littérature.

 

Vous avez traduit ’’Zadig’’ de Voltaire, un roman que l’on qualifie aussi de conte philosophique. C’est quand même ambitieux…

Franchement, cela ne m’a procuré que du plaisir. Traduire Zadig vers la langue de Mammeri n’a pas été difficile. Je n’avais encore jamais été confronté à des situations où il me fallait conceptualiser des abstractions.  En plus, en termes de culture, Zadig c’est un peu l’Orient que nous connaissons bien. C’est-à-dire que la culture du départ et la culture d’arriver partagent des choses.

 

Peut être des difficultés de lexique ? 

Je fais attention à ce que j’écris. J’essaie de me débrouiller de la manière la plus appropriée pour ne pas tomber dans le ridicule. L’exercice est en effet difficile, en l’absence de dictionnaires, seule référence autoritaire. 

 

D’autres traductions en vue ?

Oui, Nedjma de Yacine. Le travail est fini. J’ai remis le manuscrit au HCA

Nedjma est une œuvre majeure, je suppose que sa traduction fut difficile…

Pas du tout. J’ai éprouvé un énorme plaisir à le traduire. Cela a été plus facile que Zadig. Ceci bien évidemment parce que Nedjma  parle de notre société. Autrement dit, la culture étant partagée par la langue de départ (le français) et  la langue d’arriver (le kabyle), la traduction est mieux cernable.

 

Un autre roman que vous aimeriez traduire ?

Oui, Basalte bleu de J.Knitten

 

Et la création ?  

Le HCA m’a publié « Tachelhabt ur yessin », dans la collection « idlisen nnegh ». Le roman est paru en septembre 2014.  « Iminig » est mon deuxième roman dont j’ai également remis le manuscrit au HCA.

S.O.A

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