Dans le village d’Aït-Athik, au lieu-dit Illoul, distant de deux(02) kilomètres du chef-lieu de la commune de Darguina, plusieurs familles sont sous la menace d’un énorme éboulement qui risque de les ensevelir. Pour atteindre ce hameau, il faut emprunter, sur plus de 500 mètres, une piste étroite qui s’agrippe à un versant escarpé. D’un côté des arbres menacent de s’affaisser et de vous écraser, et de l’autre, un profond ravin tend ses bras pour vous accueillir à la moindre fausse manœuvre. Sise non loin de la RN9, la petite bourgade d’Illoul, composée d’une vingtaine d’habitations, vit au rythme des intempéries et des éboulements, et ce, depuis plus de vingt ans. Durant tout ce temps, ses habitants ont su et pu se débrouiller seuls sans aucune aide des différentes autorités qui se sont relayées pour gérer les affaires de leur commune. Dans la nuit du lundi passé une habitation en R+1, en cours de réalisation, a été engloutie à moitié semant la panique dans les alentours. Vu l’imminence du danger, les locataires de deux habitations mitoyennes ont évacué leurs demeures sur insistance de la Protection civile. « Le samedi 28 février, la Protection civile nous a ordonné de quitter nos habitations, car le danger était grand », nous dit un des sinistrés. « Depuis, aucune autorité ne s’est enquise de notre sort ; s’ils m’avaient proposé une tente, j’aurais accepté », nous a encore déclaré ce père de trois petites filles. Le mardi, une commission de la daïra de Darguina s’est rendue sur place pour constater les dégâts et la dangerosité de la situation. « Les membres de cette commission nous ont promis de rédiger un compte-rendu dans les plus brefs délais », nous a dit un citoyen sur place. Le talus surplombant ce hameau menace toujours de s’affaisser et d’engloutir six autres habitations voisines ; la crainte de ces habitants esseulés ne fait que s’accroître surtout avec les conditions météorologiques qui ne s’améliorent pas. Heureusement, la solidarité est toujours de mise dans ces contrées. Pour la circonstance, un voisin a accepté de vivre à l’étroit et a mis à la disposition de cette famille une chambre pour l’accueillir. L’autre famille a aussi trouvé refuge chez d’autres riverains. Un geste rare de nos jours et qui apporte tant de réconfort aux personnes désemparées. Mais, pour combien de temps ces voisins réussiront-ils à cohabiter dans l’étroitesse des demeures ? Un geste palpable des autorités serait un signe fort en direction de ces sinistrés, pour leur faire sentir qu’ils ne sont pas seuls face à cette tragédie, et que les sacrifices consentis par leurs aïeux pour une Algérie libre et debout n’ont pas été vains.
Saïd M.
