La Dépêche de Kabylie

Elle serait âgée de 142 ans – Na Fatma Mansouri, la doyenne de l’humanité?

La troisième femme centenaire à laquelle nous avons rendu visite relève de la légende. Na Fatma Mansouri, habite au village Hamma, sur les hauteurs d’Ighil Ialwanene, dans la commune d’Amizour. Tout le monde parle de cette femme, et de son incroyable âge, estimé à cent quarante-deux ans, faisant d’elle la doyenne du monde. Nous avons également été très bien accueillis par la famille de Na Fatma. Cette dernière semblait encore en bonne santé. Elle était parfaitement consciente de ce qui arrivait et s’est montrée très contente de l’attention qui lui a été ainsi accordée. Na Fatma Mansouri serait née en 1873. Elle serait donc contemporaine des Cheikhs Ahedad et El Mokrani. Son extrait d’acte de naissance, dont l’authenticité nous a été attestée et confirmée par le maire d’Amizour, Mokhtar Bouzidi, mentionne que notre centenaire a été déclarée à l’état civil en 1891. À cette date, elle avait dix-huit ans. Elle aurait été mariée à l’âge de vingt ans, mais n’aurait pas eu d’enfants. Elle se serait remariée en 1941 à l’âge de 68 ans, selon la mention portée sur son extrait d’acte de naissance, sous le n° 288/1873. Selon quelques-uns de ses descendants (dont le nombre est estimé à quatre-vingt-cinq) avec qui nous avons pu discuter, dont Tahar Hadouche, âgé de vingt-huit ans, il y aurait eu au moins deux autres centenaires dans la famille, mais décédés aujourd’hui. Or, le fils aîné de Na Fatma a aujourd’hui 85 ans. Ce qui veut dire qu’il serait né vers 1930. En tout état de cause, ces données paraissent quelque peu confuses. Aurait-elle pu avoir des enfants après l’âge normal de la Ménopause ? Sans exclure les cas exceptionnels et les miracles dont Dieu seul a le secret, l’authentification du cas de Na Fatma Mansouri demande des investigations plus approfondies. À notre avis, les ministères de l’Intérieur et celui de la Population devraient constituer une délégation d’experts qui seraient chargés de mettre la lumière sur ce cas incroyable. S’il venait à se confirmer, cela ne devrait pas rester sans conséquences. Non seulement procéder à sa validation au niveau du Guiness des Records, mais aussi au niveau scientifique, avec un traitement adéquat et son exploitation en vue de découvrir les secrets de cette longévité. Il faudrait alors obligatoirement rendre à Na Fatma Mansouri un hommage national, et instituer pour la circonstance, une journée nationale des centenaires, dont Na Fatma serait l’image emblématique. Les deux APC, Béjaïa et Amizour, ont eu une très bonne idée et ont pris une excellente initiative, en organisant cet hommage à nos mères, en cette occasion. Le huit mars, en effet, ne devrait pas être seulement une occasion de faire la fête, mais aussi de nous rappeler de ces nombreuses femmes qui ont « traversé le temps » dans des conditions difficiles, pour nous donner la vie et nous laisser un héritage moral et culturel. Espérons que d’ici peu, les familles qui comptent encore des centenaires vivants, hommes ou femmes, se manifestent auprès des APC afin qu’un hommage leur soient rendus.

N. Si Yani

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