Comme quatre autres poissonniers de la wilaya auxquels ont été remis les kits poissonneries ambulants le vingt-trois février dernier lors d’une cérémonie organisée par la direction de la pêche, Ali Belhout, lui aussi marchand de poissons depuis qu’il était jeune d’autant plus que ce métier était déjà exercé au sein de sa famille, est tout heureux d’acquérir ce matériel moderne. « Il est composé d’une mobylette, d’un caisson, isotherme, d’une balance électronique, de trois caisses en plastique, d’un casque, des gants, d’un parasol et d’une combinaison de travail », telle est la description faite par notre interlocuteur tout content de ce matériel. Interrogé sur son prix, il nous répondra qu’il est autour de dix millions de centimes qu’il faudra rembourser à raison de trois mille dinars par mois. Ce poissonnier estimera que ce geste de la tutelle est un pas pour valoriser au mieux ce métier. « On travaille dans des conditions difficiles. Certains n’ont même pas de parasol. En plus du produit qui est altérable facilement, on subit la chaleur en pleine tête. Mais avec ce matériel, on peut dire qu’on sera à l’aise », ajoutera-t-il. Cet interlocuteur continuera toujours à sensibiliser ses collègues poissonniers en nombre de cinq de se rencontrer afin de faire des démarches ensemble pour par exemple créer une association qui regroupera au moins les vendeurs de poissons des daïras de Boghni, de Draâ El-Mizan et de Tizi-Gheniff. M. Ali Belhout trouvera que cet équipement est intéressant d’autant plus qu’il leur évite les efforts faits en tirant par exemple les anciennes charrettes qui ne répondent plus à ce métier. « Certes, c’est une initiative qu’il faudra encourager en multipliant ces kits à travers la wilaya parce qu’il y a encore plus de cent quarante marchands qui exercent ce métier. Mais, nous souhaitons par exemple qu’à Draâ El-Mizan soit réalisée une poissonnerie dans les normes. Elle nous manque beaucoup » soulignera ce poissonnier. Par ailleurs, les marchands trouvent que la vente de ce produit a beaucoup diminué ces dernières années. « Nous ne vendons plus comme avant. A six cents dinars le kilo, peu de consommateurs peuvent se permettre ce luxe », nous dira un autre poissonnier. Et de poursuivre : « et puis, quand il fait chaud, on est obligé d’arrêter la vente aux environs de onze heures alors que nous n’aurions écoulé que la moitié des caissettes ». En dépit de tous ces aléas, les vendeurs de poissons continuent à exercer le métier par vocation. « Vous savez, je ne peux arrêter car je me sens bien devant ces caissettes », conclura M. Ali Belhout.
Amar Ouramdane
