Un document nous est parvenu de la part d’un élu de l’APC d’El-Flaye, sur les hauteurs de Sidi Aïch, à propos d’un problème relatif à la baptisation d’un lieu public dans la commune. Mr Hafid Cherfi, se référant aux textes législatifs régissant les baptisations et débaptisations d’édifices et lieux publics, dénonce, dans une lettre ouverte adressée au wali de Béjaïa, les irrégularités qu’il a constatées dans la constitution de la commission qui a été instituée à cet effet. Pour lui, cette commission ne respecte pas les procédures réglementaires et est, donc, tout à fait illégale. Rentrant dans les détails, cet élu donne un exemple de ce qu’il considère comme injuste, dans les décisions prises par cette commission, concernant la baptisation de certains lieux publics. « Aucun critère n’a été défini pour le choix des lieux et noms de martyrs qui leur sont affectés. On ne peut donner un nom de martyr à n’importe quel lieu. À titre indicatif, un sentier porte le nom du chahid Betta Mohand Amokrane qui a préféré mourir en héros, les armes à la main, que de se rendre. Mort sans descendance, il n’a personne pour défendre sa mémoire. Sa biographie et son parcours sont affichés au Musée n’Ath Waghlis, Histoire et Culture, depuis 26 mars 2008, date de sa ré-inhumation au cimetière d’El-Flaye, après un émouvant hommage qui lui a été rendu par la population et ses frères de combat. Ce chahid mérite donc bien mieux ! », estimera-t-il. D’autres cas sont cités dans la lettre ouverte, tels les noms de locaux commerciaux, d’une salle de sport ou de la bibliothèque. Pour justifier son courrier, Hafid Cherfi s’explique : « En ma qualité d’élu, je me dois de dénoncer ces procédures illégales qui portent atteinte aussi bien aux lois de la République qu’à la mémoire collective. Face à cette conspiration, nous sommes tous interpellés ». Le wali, conformément aux textes en vigueur, est le président de ladite commission. Or, selon cet élu, cette commission, n’ayant pas respecté les procédures en vigueur, n’a donc aucune existence légale. Il reste à se poser des questions sur les motivations profondes qui ont conduit cet élu à s’opposer ainsi à cette commission, au-delà de l’aspect légal, qui pourrait être soumis à la justice. Y a-t-il une lutte de clans ou d’influence sur ce sujet au sein de l’APC d’El-Flaye ? Quel serait l’avis de la population de la commune au sujet de cette affaire ? Mr Cherfi, qui est quand même élu FFS, est-il isolé au sein de l’APC ? Pourquoi d’autres élus n’ont-ils pas cosigné la lettre ouverte adressée au wali de Béjaïa ? Quelle suite ce dernier compte-t-il donner à cette lettre, en sa qualité de président de la commission de wilaya ? Toute une série de questions qui restent pour l’instant sans réponses. Espérons que, dans les prochains jours, les autres parties de ce conflit prendront leurs plumes pour nous donner leur version sur cette affaire. Nos tentatives de rentrer en contact avec d’autres élus de l’APC, dont le président, sont restées vaines.
N. Si Yani
