La Dépêche de Kabylie

Hommage au Chahid Mohamed Aouine – Le parcours d’un combattant

Un vibrant hommage a été rendu, hier, au chahid Mohamed Aouine, au musée régional du Moudjahid de Tizi-Ouzou, en présence de sa famille, de Moudjahidine, des associations des fils de Chouhadas et des Moudjahidine, du P/AC d’Aït Chaffa, du directeur des moudjahidine et d’une assistance nombreuse. Après l’hymne national et une minute de silence à la mémoire de tous les Martyrs de notre glorieuse révolution, un film documentaire comprenant des témoignages de Moudjahidine sur la vie et le parcours du chahid a été projeté. La famille du Chahid fut honorée par la direction des moudjahidine, dont le responsable soulignera l’importance de ce genre de rencontres pour le travail de mémoire : « Il est primordial de multiplier ce genre de rencontres pour rassembler les témoignages des Moudjahidine encore de ce monde pour écrire l’Histoire de l’Algérie sur la base de témoignages vivants afin de les transmettre aux futures générations… ». El Hadj Mohand Tahar Zoubiri rappellera l’apport de la région d’Azeffoun à la révolution : « Beaucoup ne le savent pas, mais la région d’Azeffoun a donné pas moins de 750 martyrs pour que vive l’Algérie libre et indépendante. Et Mohamed Aouine et l’un d’eux. Un combattant de la première heure auprès d’un autre grand maquisard, Mohand Saïd Ouzeffoun… ». Le président de l’association des Moudjahidine, Si Ouali, déclarera quant à lui que la région d’Azeffoun fut l’une des plaques tournantes de la révolution dans la wilaya III. Il rappellera qu’elle fut le PC de la région et que les hauts responsables de la révolution, à savoir les colonels et commandants de notre glorieuse guerre, étaient à Azeffoun. Deux membres de la famille du Chahid, son neveu Mohamed Aouine et son fils Aouine Arezki, se sont également exprimés. Les deux Moudjahidine ne l’ont pas connu mais ont marché sur ses traces. Mohamed Aouine est né en 1916, au village Ighil M’Hand, commune d’Aït Chaffa, dans la daïra d’Azeffoun. Il est tombé au champ d’honneur en 1957, à l’âge de 41 ans. Il avait émigré en France en 1943 pour faire vivre sa famille dans le besoin. Il a rejoint par la suite les rangs du parti du peuple (PPA). En 1950, il fut arrêté suite à l’agression d’un représentant de l’ordre. Incarcéré dans une prison parisienne, il sera transféré vers la prison d’El Harrach d’où il s’évadera pour regagner Azeffoun à pied. Il se réfugia dans le village Cheurfa Iguer Thalla où se trouvait Cheikh Mohand Ouamar qui l’a hébergé jusqu’à ce qu’il retrouve ses forces. De là il se dirigea vers le village Iachouba, accompagné d’un Moussabel à la demande du Cheikh. Sur place, il prendra attache avec le responsable des moudjahidine et deviendra l’un des leurs. Son intelligence, sa bravoure et son militantisme lui vaudront, quelques mois après, d’être nommé adjoint du commandant Aghri Mohamed, dit Mohand Saïd Ouzeffoun. Le 27 septembre 1956, il dirigera une attaque au village Thaïnsarth, où il passera trois jours et trois nuits avec ses compagnons d’armes, attendant un convoi se dirigeant vers Iazouzen. Au troisième jour, comme prévu, le convoi arriva et l’opération fut un succès. Au début de 1956, il fut promu sergent-chef à la tête d’une section comprenant 35 Djoundis activant entre Azeffoun et Sidi Bounaman. Il tombera au champ d’honneur le 29 décembre 1957 à Alma Ouguechtoum, dans la région de Yakouren. Par ailleurs, le fils du Chahid, M. Arezki Aouine, annoncera l’organisation d’un autre hommage qui sera rendu à son père à l’initiative du comité du village Ighil M’hand, des Moudjahidines, des fils de chahid et de l’APC d’Aït Chaffa, le samedi 21 mars prochain, au village Ighil M’hand, dans la commune d’Aït Chaffa, dans la daïra d’Azeffoun.

Karima Talis

Quitter la version mobile