Comme chaque année depuis l’avènement de la démocratie en Algérie, la célébration du 19 mars est rentrée dans les mœurs surtout à Aït Yahia Moussa.
Une commune qui compte plus de 765 martyrs mais qui a vu également naître non seulement l’un des premiers héros de cette glorieuse révolution mais qui sera également le signataire des accords d’Evian qui ont mis fin à sept années et demie d’une guerre atroce qui n’est que le légendaire Krim Belkacem, enfant du village de Tizra Aïssa.
Ainsi, dans la matinée d’avant-hier, jeudi, plusieurs festivités ont été organisées pour ce 53e anniversaire de la victoire des algériens sur le colonialisme. Des festivités qui ont débuté au niveau du nouveau siège de l’APC par un rassemblement constitué des élus locaux, à leur tête M. Said Bougheda et M. Hocine Chettabi, chef de la kasma des moudjahiddine, des associations des enfants de chouhada et de nombreux citoyens et d’autres invités, où fut déposée une première gerbe de fleurs au pied de la nouvelle stèle dédiée à Krim Belkacem et aux martyrs de la localité inaugurée à l’occasion de la journée du Chahid par le ministre des Moudjahiddine accompagné du wali de Tizi-Ouzou. Après cette première cérémonie, le cortège de véhicule se dirigea vers Tizra Aissa, le village natal de cet héros de la révolution, surnommé à juste titre « le roi des djebels », non sans faire une grande halte en chemin pour se recueillir sur les tombes des chouhada tombés héroïquement après des combats acharnés jusqu’au corps à corps avec les parachutistes ennemis lors de la célèbre « bataille du 6 janvier 1959 » ou « la bataille de Bougharfène » qui deviendra historique et où pas moins de 384 djoundis des wilayas III et IV historiques trouvèrent la mort, notamment sous les bombardements aériens et de l’artillerie de l’armée française alors qu’un impressionnant effectif avoisinant les trente deux mille hommes a été mobilisé lors de cette bataille. Sur cette crête de la colline de Bougherfène reposent désormais, pour l’éternité ces martyrs venus de diverses régions du pays que seul l’unité et l’amour de la patrie avaient unis dans un sacrifice suprême. « Pour les jeunes et les générations futures, il est obligatoire de se souvenir du sacrifice de ces chouhada qui étaient tous des jeunes qui n’avaient pas encore goûter à la vie, venus de toutes les régions du pays et qui sont morts et enterrés ici comme en sont les morts d’un même village ou d’une même famille et cela doit nous rappeler qu’il ne faut jamais mettre en péril l’unité de notre pays, de notre peuple et de notre nation », dira El Hadj Hocine Chettabi, ancien maquisard et chef de la kasma des moudjahiddine d’Aït Yahia Moussa après le dépôt d’une gerbe de fleurs et la lecture de la Fatiha du saint Coran. Au village Tizra Aïssa, le musée Krim Belkacem, qui fut sa maison natale, était déjà pleine de monde. Le même cérémonial est conduit par MM. Said Bougheda et El Hadj Hocine Chettabi qui sera suivi de nombreuses prises de paroles d’anciens moudjahiddine venus de toute la wilaya de Tizi-Ouzou. Des jeunes écoliers et écolières entonnèrent des chants patriotiques. « C’est la première fois que nous venons assister à cette célébration de la journée de la Victoire à Aït Yahia Moussa. Depuis longtemps nous n’avions pas cessé de réaliser ce pèlerinage et nous sommes vraiment ravis et honorés de fouler ce sol qui a vu naître le grand héros de notre révolution, Krim Belkacem », nous confient ces trois nouveaux retraités, originaires de Lakhdaria dont des oncles étaient tombés au champ d’honneur durant la bataille du 6 janvier 1959.
Essaid Mouas
