Thileli au secours de la femme rurale

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Nonobstant les acquis arrachés par la gent féminine en Algérie, beaucoup reste à faire pour la femme rurale. Aux fins fonds des contrées isolées de la Kabylie, nombreuses sont les femmes souffrant d’un manque de formation .

Fort heureusement, des associations se sont confiées la mission d’offrir des opportunités d’épanouissement à une catégorie de femmes ayant un niveau peu reluisant. L’association Thileli du village Boumelal s’investit sans lésiner sur les moyens pour offrir des formations de qualité à de centaines de femmes au foyer. Créé en 2006 sous le patronyme Soummam Espoir, ce mouvement associatif s’est illustré durant huit années par d’intenses activités, entièrement dédiées à la femme. Et pour couronner le tout, cette association a pu créer trois sections dans différentes disciplines. Des formations d’une année sont proposées aux candidates à la couture, à la pâtisserie et gâteaux orientaux. Un véritable centre d’apprentissage qui n’a rien à envier aux autres CFPA, où les stagiaires ont droit à une formation de qualité prodiguée par des enseignants et enseignantes diplômés dans lesdites spécialités. Quatre promotions en couture et trois en gâteaux ont eu le privilège d’avoir le fameux sésame, à savoir un diplôme en ces disciplines. Une nouvelle promotion vient de sortir ce dernier mois, où pas moins de 117 lauréates en pâtisserie et gâteaux orientaux ont eu leurs attestations de succès avec brio. De même, 47 femmes ont décroché leurs diplômes en couture. C’est dire l’importance de l’existence d’une telle association, dévouée au service de la femme rurale. Une véritable ruche où la femme se sent valorisée sans préjugés. Par ailleurs, derrière tout ce travail de titan, un sexagénaire infatigable ne jure que par la promotion de la femme rurale, et ce, en lui offrant des opportunités d’acquérir un diplôme reconnu, capable de lui ouvrir des portes à l’avenir. B. Sayad est un président qui a de tout temps œuvré sans relâche pour honorer la femme rurale comme il se doit. En plus des formations qualifiantes, des cours d’alphabétisation sont dispensés depuis 2008 aux femmes désirant apprendre les rudiments de la langue. Aux côtés de ces  nombreuses activités, le président de l’association Thileli tient à inculquer aux femmes du village la culture de prendre soin de leurs corps, et par ricochet de leur santé et ce, en créant un club d’aérobic où 64 femmes suivent deux fois par semaine des séances d’entraînement au niveau du foyer de jeunes de Boumelal. « Nous avons créé cette association dans l’objectif de servir la femme rurale, longtemps astreinte à devenir casanière à son insu. Les formations que nous proposons aident amplement les candidates à s’armer d’un diplôme pouvant leur offrir des chances de créer leurs propres ateliers. En dépit de la vétusté du matériel dont dispose notre association, nous essayons tant bien que mal à pérenniser cette offre de formation », dira B. Sayad, président de l’association Thileli. Et d’enchaîner : « Certes, le premier magistrat de la wilaya nous a accompagnés dans notre démarche, comme il nous a encouragés à garder le même cap, mais force est de constater qu’après tant d’années d’existence, beaucoup de moyens manquent à l’appel».

Bachir Djaider

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