Un festival en chants… et en buts

Du moins tel que perçu par la population locale. La Kabylie leur partage d’ailleurs l’avis. C’est comme si le grand frère se retourne, se soucie, tend la main au petit frangin pour lui montrer sa fraternité, sa reconnaissance, sa solidarité, son attachement à ses racines… Car au départ, la JSK est partie de toute cette Kabylie qui n’a cessé de la porter encore et toujours. Mais il est vrai que ces dernières années on a plus vu la JSK jouer à Rouiba, à Réghaïa qu’à Béjaïa. Et forcément lorsqu’elle débarque à Akbou, cela fait plaisir, et ça fait l’événement. Et puis, ce n’est pas chaque jour que Akbou peut se permettre de recevoir les champions d’Afrique. C’était donc un rendez-vous à ne pas rater. Et il ne pouvait pas en être autrement pour de la Dépêche de Kabylie non plus.

Akbou, ville africaine par ses champions

Il était dix heures passées de quelques minutes lorsqu’on arrivait au centre d’Akbou. On venait « d’atterrir » du magnifique col de Chellata qui s’est fait une beauté féérique en ce mois de janvier. Sous le soleil (il faisait beau), là-haut, l’œil succombe vite aux brillances de la neige et de quelques espaces rocheux pas suffisamment garnis de cette laine naturelle. Aux alentours du stade, du côté de Guendouza, tout en bas de la cité, les lieux grouillaient déjà de monde. Certes il y a à côté un établissement scolaire, et une grande mosquée mais tout le monde semblait converger ailleurs. A gauche, vers le stade du 1er-Novembre de la ville. Sur le fronton du portail, une grande banderolle souhaite la bienvenue aux invités. A un niveau plus bas, la foule se bouscule déjà pour tenter d’accéder à l’intérieur du stade à moitié rempli depuis les premières heures de la matinée. « Quant je suis arrivé ici, il y avait déjà du monde à l’intérieur. C’est la JSK qui va jouer ici, cela fait quinze jours depuis qu’on parle de ce match. Tout le monde sait que la JSK vient aujourd’hui. Tout le monde qui est ici n’est pas seulement d’Akbou. Ils sont venus d’Amizour, de Béjaïa… celui-là c’est mon cousin Fateh, il habite à Lille, en France. Il devait rentrer mardi dernier mais il est resté pour ce match. Ma tente, « Khali », ses enfants sont tous repartis mais lui, il est resté chez nous. Il repartira tout seul demain ou après demain », nous balançait Hamid devant le portail du stade, un peu en retrait de la bousculade. Hamid est lycéen, aujourd’hui il a séché ses cours pour ne pas rater le show. A ses côtés Amar se révolte presque. D’un ton assez grave, il dit ce qu’il pense : « On aime tous la JSK. Combien de fois les bougiotes allaient, dans le temps, jusqu’à Tizi Ouzou pour supporter. On a toujours été fidèles mais depuis un temps, on ne sentait plus la JSK proche. C’est comme si elle s’est éloignée de nous. Ce match amical nous rapproche à nouveau c’est une petite reconnaissance mais elle doit être perpétuée en tradition ». Amar fait partie de ces vieux supporters de la JSK. Il dit qu’il a cinquante deux ans et plusieurs dents en moins. Une autre voix fuse à côté :c’est un chauvin de l’équipe d’Akbou. « Aujourd’hui on joue contre la JSK. C’est comme si on jouait pour la coupe d’Afrique ». Rien que ça ! Le mot est lâché. Akbou, par les champions d’Afrique qu’elle accueillait, avait l’air, plus que jamais, d’une ville africaine. Tout y était, pour que ça ressemble : un drapeau aux couleurs vert et jaune, surtout, de l’ambiance et du climat pour une belle journée de football.

Un mach amical à…100DAParmi les jeunes qui nous entouraient devant l’entrée du stade, un grand nombre d’entre eux ne pourront peut-être pas accéder à l’intérieur pour exhauser leur rêve de voir la JSK de plus près. En réelle, pas à la télé cette fois. Car c’est vraiment « pratique » de sécher un cours, ou carrément une journée d’étude pour se libérer, mais le billet d’accès au stade n’est pas offert. Les dirigeants de l’équipe locale l’ont fixé à 100 DA. Et forcément, ça n’a pas plu à tout le monde. Surtout pas à ces bambins qui ont encore plus de jetons dans leurs trousses que de pièces en monnaie dans leurs poches. Et ce n’est pas ce rabais de 50%, spécialement observé pour eux, qui va arranger quelque chose à leur situation. Mais ce n’est pas un énorme souci, tout compte fait. « Je verrais le match même sur le mur de l’enceinte », lançait le petit Amine à la face d’un dirigeant akboucien.

Festival de chants et de…buts au stade

La « promesse » sera tenue puisque, à l’heure du match, le stade et ses murs seront bondés. La JSK et Hannachi, ont été accueillis avec une troupe de Idhebalene, l’équivalent de troupes de zorna, dans l’Algérois. Il y a eu du bruit, des applaudissement, des sifflets d’encouragements, de la gheitta et du bendir. Ce fut la grande fête. Ce fut même plus que ça. Plutôt un festival. Le match qui a suivi l’a été également en buts. 3 à 2 pour la JSK.

Djafaâr C.