Un terrain vague mitoyen de la polyclinique est transformé par les riverains de la cité « La gare » en dépotoir. En effet, ces riverains déversent à même le sol leurs déchets ménagers que le vent et les bêtes errantes se chargent d’éparpiller pour former un épais tapis uni sur une surface qui frôle les 200m de long sur 100m de large, à moins de 50m du mur d’enceinte de cette institution de santé et son entrée principale. Un état de fait qu’on aurait pu éviter facilement rien que par la pose d’une clôture en grillage pour y interdire l’accès à ce terrain transformé par le laisser-aller des gestionnaires de la cite et l’incivisme des riverains en un effroyable foyer d’épidémies et de pollution. En plus d’enlaidir les lieux, ce triste décor se trouve planté à proximité d’une polyclinique dotée de plusieurs services, qui reçoivent des centaines de patients quotidiennement dont des nourrissons, des femmes enceintes et des personnes âgées. Bien plus grave, une aile de cette polyclinique abrite le service d’hémodialyse relevant de l’EPH qui accueille des malades extrêmement fragiles. Le volume impressionnant de ces tas d’ordures s’explique du fait que le terrain vague en question est situé en périphérie Nord du chef-lieu de commune et mitoyen d’un quartier populeux à forte concentration démographique. Lors de notre passage sur les lieux, nous avions constaté l’absence, dans ce quartier, de bacs à ordures bien que cette commune ait récemment bénéficié d’un quota de 250 bacs modernes offerts par la wilaya, en plus de 200 autres acquis sur ses fonds propres. Une source proche de l’APC nous apprendra que ces bacs disparaissent mystérieusement à chaque fois qu’ils sont posés à l’intérieur de cette cité ; d’où ce recours des riverains aux déversements des ordures au niveau du terrain vague, comme nous l’avions constaté de visu lors de notre passage. Au niveau des services d’hygiène, nous apprenons qu’il est périodiquement procédé aux enlèvements de ces déchets à l’aide d’un engin des travaux public, mais lesquels reviennent rapidement à cause du volume d’ordures quotidiennement déversées par une bonne partie des résidents de cette cité qui compte près de 3 000 âmes. Les malheurs de la polyclinique et de cette cité ne s’arrêtent pas là sachant, qu’à quelques 300m à vol d’oiseau, est aménagée la décharge publique du chef-lieu de la daïra de M’Chedallah et des agglomérations périphériques, relevant administrativement de la commune de M’Chedallah. Un autre horrible dépotoir géant aménagé dans le lit de l’oued d’Assif n’Sahel. L’incinération de ces montagnes d’ordures se fait par une mise à feu dont la fumée acariâtre est poussée par les vents dominants directement vers cette cité et l’institution de la santé qu’elle enveloppe de jour comme de nuit d’une brume opaque faite de fumée ; d’où l’un des taux des plus élevés de malades chroniques broncho-pulmonaires et d’asthme dans cette importante cité d’Imellahen. Une lamentable situation qu’on aurait pu éliminer si l’on avait mis les moyens humains et matériels nécessaires sur le projet du CET intercommunal, implanté dans cette même commune d’Ahnif et lancé depuis bientôt deux ans, lequel accuse un retard considérable.
Oulaid Soualah
