Si Moussa et ses compagnons ressuscités à Ouacifs

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Un vibrant hommage a été rendu, avant-hier, au centre-ville des Ouacifs, au commandant de l’ALN Akkache Amar, dit Si Moussa, l’un des fondateurs du Front des forces socialistes, et ses compagnons, assassinés un certain 9 Avril 1965, à Tiguemounine. Il y avait beaucoup de monde à l’inauguration d’une stèle commémorative à ces maquisards et martyrs de la démocratie. Etaient présents à la cérémonie le premier secrétaire du FFS, des députés, des sénateurs, le P/APW de Tizi-Ouzou, les autorités locales ainsi qu’un grand nombre de militants du parti. M. Rahmane Mourad, le P/APC, dans son allocution, a remercié l’APW de Tizi-Ouzou et les élus locaux qui ont œuvré pour que cette stèle soit érigée à la mémoire des martyrs de la guerre de libération et de la démocratie : « Ces hommes n’ont jamais cessé de lutter contre l’injustice et la hogra. Ils ont sacrifié leur vie pour que le pays soit libre. Et après l’indépendance, ces mêmes héros ont refusé la dictature et sont sortis pour revendiquer la liberté et la démocratie ». De son côté le  P/APW dira  que les sacrifices de ces hommes ne doivent pas être oubliés par les nouvelles générations, « avec la réalisation de ce genre de stèles et autres monuments, nous allons laisser des traces à jamais ». Prenant la parole, le 1er secrétaire du FFS tiendra à remercier tous ceux qui ont contribué à cette initiative : « Nous sommes sur le chemin de ces hommes qui ont tout donné pour que le pays soit aujourd’hui libre et indépendant ». Et d’enchaîner : « Le commandant Si Moussa et bien d’autres Moudjahidine ont refusé le système imposé de force après l’indépendance ». A la bibliothèque communale, des témoignes se sont succédé sur la vie et le parcours de ces hommes. « Si Moussa et ses compagnons ont choisi le maquis pour un seul objectif est celui de la démocratie et de la dignité », dira âami Ali, un militant de 1963. Un autre intervenant s’interrogera : « Comment se fait-il que des terroristes islamistes qui ont combattu le pouvoir durant la décennie noire ont été considérés, alors que ceux qui ont donné leur sang pour libérer le pays du joug colonial et lutté contre l’injustice et la hogra ne sont pas reconnus, c’est absurde ». Pour le fils de Si Moussa, l’Etat doit reconnaître son père en tant que martyr. « Nous ne cherchons pas l’argent mais au moins une reconnaissance morale ». Le commandant Si Moussa, de son vrai nom Akkache Amar, était né au village de Tigounseft, à Ath Ouacif, le 26 février 1929. Avant le déclenchement de la guerre, le commandant Si Moussa était militant actif aux côtés de Krim Belkacem, Ouamrane, Ahmed Aït Ramdane et bien d’autres. Apprécié de ses supérieurs pour son courage, il gravit les échelons de la hiérarchie militaire pour obtenir le grade de commandant. Après l’indépendance, Si Moussa rejoignit le FFS, le 29 septembre 1963, dont il fut membre fondateur malgré l’arrestation d’Aït Ahmed. Il continuera le combat jusqu’au 9 Avril 1965 où il fut assassiné aves ses compagnons, au village de Tiguemounine.

 

M .Zerbout

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