La place du colonel Amirouche Aït Hamouda, sise en face du siège de l’APC, au centre-ville d’Akbou, tombe en désuétude. Elle n’enchante désormais plus personne, ni les habitants, ni les visiteurs d’ailleurs. Des énergumènes et des garnements ont transformé ce coin en vespasiennes, où ils soulagent leurs vessies sans aucune vergogne. Les mauvaises herbes ont poussé un peu partout, dénotant de l’absence d’entretien de ce coin qui fut dans les années 1990 et vers le début des années 2000 un lieu d’évasion, où une terrasse a été aménagée par le tenancier d’une cafétéria où l’on servait des boissons gazeuses et du café dans une bonne ambiance. Aujourd’hui, cette cafétéria abrite le service des affaires sociales, culturelles et sportives de l’APC ! Au milieu de cette place publique, trône une stèle représentant un énorme fusil dont la bouche est tournée vers le ciel. Comme si l’on s’attendait à un coup de salve à un moment donné! En bas, dans le carré ceint de garde-fous, deux canons de chaque côté « prêts» à faire feu ! Ce sont de vrais canons ! Le visiteur averti se demanderait combien cette artillerie aurait fait de victimes parmi les civils innocents et désarmés ? Combien de villages auraient rasés ces mêmes canons, par la soldatesque barbare française? Cela nous donne la chair de poule rien qu’en y pensant! A l’arrière-plan de cette stèle inaugurée en 2006 par l’ex-wali Fatmi, comme l’indique un écriteau commémoratif, il y a le collège dénommé Mouloud Feraoun. Cet établissement est, en fait, une bâtisse qui fut édifiée à l’ère coloniale, probablement vers la fin du 19e siècle! Il est en proie à la décrépitude; mais tient encore debout. Ce CEM continue de servir encore du moment que des centaines de collégiens y suivent leurs scolarités, et c’est tant mieux! Le style architectural de cet établissement est bien entendu de type néocolonial. Il a une particularité: Sur les deux côtés du portail principal, deux figurines en bronze surmontent les pieux. Ce sont de très belles statuettes qui se trouvent malheureusement en état de vétusté. Néanmoins, ce qui sauve les apparences dans cette place, ce sont ces grands palmiers, une vingtaine, qui donnent un régal aux yeux! Sinon, autre chose, c’est la déprime. Le jet d’eau qui s’y trouve n’éjecte plus l’eau il y a longtemps de cela. Curieusement, les lampadaires sont demeurés, on ne sait par quel miracle, intacts! Tant mieux alors. En face de cette place, il y a le siège de l’APC, dont la façade a été repeinte et refaite il y a quelques années. Juste à côté de l’APC, il y a le musée du Moudjahid qui était une église à l’époque coloniale. Et enfin, dans cette suite urbaine, il y a les recettes des impôts, où les propriétaires des véhicules se bousculent à l’entrée de ce service pour s’acquitter des droits de la vignette automobile. Une véritable hystérie. La date butoir a été fixée pour le 23 avril. Pourtant, le ministère des finances l’a fixée pour le 30 avril ! « Nous avons reçu instruction de la Direction de fixer le délai pour le 23 avril prochain « , nous dit le préposé.
Syphax Y.
