… Hommage à deux victimes du Printemps noir à Draâ El-Mizan…

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Comme les festivités coïncident avec les deux événements, à savoir le Printemps amazigh et le Printemps noir, il est donc un devoir de mémoire de rendre aussi un hommage aux victimes tombées lors de ces douloureux jours parfois apocalyptiques du printemps 2001 où sont tombées 128 jeunes. Aussi, dans leur programme l’APC et les associations Taneflit N’Tmazight, ont réservé tout de même un moment de recueillement au carré des martyrs de Tafsut Taverkant ( Printemps noir) sis à cent mètres du siège APC. Ainsi, c’est aujourd’hui, que vers dix heures , après un rassemblement certainement en présence de leurs familles, la procession déposera une gerbe de fleurs devant les tombes de Didouche  Samir (14 ans) et Khafouni Kamel (28 ans) tués par balles le 21 juin 2001 dans l’oliveraie qui surplombe l’hôpital Krim Belkacem. Indubitablement, ce seront des moments d’émotion attendus quand on sait que des acteurs de ce mouvement prendront la parole pour évoquer les circonstances de la disparition de ces deux jeunes partis à la fleur d’âge alors qu’ils ne demandaient seulement, comme de millions d’Algériens, que leur langue soit reconnue comme langue nationale et officielle. Pour demain, c’est toute la question autour de la langue amazighe notamment sa situation politique au moment où il est attendu qu’elle soit annoncée comme langue officielle qui animera les débats au cours d’une conférence qui sera donnée à la salle de réunions de l’APC par le chercheur en Tamazight, M. Brahim Tazaghart, à la demande de l’association Amgud. « C’est un devoir de mémoire. Donc, chacun de nous est appelé à apporter quelque chose pour construire cet édifice. De notre côté nous avons jugé opportun d’organiser une conférence autour de la situation de Tamazight: perspectives, avenir et constitutionnalité. Tant de points seront abordés par Brahim Tazarghart dont les travaux de recherche dans ce domaine sont très connus », nous dira à ce sujet M. Karim Larbi, président d’Amgud. Disons que les activités ont déjà commencé avant-hier avec le lancement des expositions et autres coupures de presse relatant l’historique du mouvement depuis avril 1980 jusqu’au jour d’aujourd’hui où quand même il ne faut pas nier les avancées de Tamazight quand on sait qu’aujourd’hui elle est enseignée dans les établissements scolaires et que même une chaîne de télévision en Tamazight émet quotidiennement, contrairement, aux années 70, où l’interdiction frappait aussi bien la culture que la langue. Seulement, il est souhaitable que son enseignement soit élargi à toute la nation. « Nos compatriotes arabophones doivent eux aussi faire un effort pour apprendre notre langue comme nous l’avons fait pour apprendre la leur depuis des siècles. C’est un moment important dans notre histoire. Tamazight langue officielle fait consensus au sein de toute la classe politique et c’est aussi une demande citoyenne, alors, qu’attendent nos gouvernants pour répondre à cet appel? », s’interrogera un ancien acteur des événements d’avril 80 que nous avons approché à ce sujet.

Amar Ouramdane

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