Le Slam est un genre littéraire qui consiste en l’adoption libre d’une série de postures en vue de réciter un texte poétique.
C’est un art oratoire qui a pour but de rendre la lecture publique de poèmes moins ennuyeuse. Il est ouvert à tous, sans qualifications préalables. Il est entièrement dépendant du talent du poète, qui n’a comme contrainte que le respect d’un nombre restreint de règles. Le reste dépend de l’ouverture d’esprit et de la liberté de pensée et d’expression, ainsi que de la capacité de l’orateur à dépasser les barrières sociales imposées. C’est justement ce qui semble avoir attiré la poétesse Bougiote Sihem Benniche, dite Sam. Elle déteste les barrières et les règles, elle qui est si éclectique en matière de genres littéraires. Sa biographie nous donne un aperçu de ses capacités propres et des registres dans lesquels elle s’inscrit. De formation scientifique au départ, son amour pour la littérature et les arts la pousse à s’inscrire pour des études de lettres et langue françaises. Actuellement, elle prépare un Master II à l’université de Béjaïa dans cette filière, avec une option pour la science des textes littéraires. Elle est également une des animatrices du Café Littéraire de Béjaïa, aux côtés de Kader Sadji, Mourad Ouchichi et Khaled Zirem, entre autres. En 2006, elle est lauréate du cinquième Prix de l’Ecriture Romanesque avec un roman de jeunesse et d’aventure intitulé « Convalescence d’un cœur ». En 2012, elle a été élue « Poétesse d’Or de Béjaïa » par la Ligue des Arts Dramatiques et Arty Show. Actuellement, elle prépare un nouveau livre dont elle ne veut pas encore révéler les détails. « J’écris dans tous les genres et tous les styles : roman, prose, slam, mélanges,… », nous a-t-elle confié. Cette année, elle a passé avec brio toutes les épreuves devant la mener à la finale de la Coupe du monde du Slam. Les épreuves sélectives auxquelles ont participé vingt-huit personnes au niveau national ont été organisées par l’Institut Français d’Alger. La finale de ladite Coupe se déroulera à Paris du 2 au 7 juin prochains. A cette occasion, chaque candidat devra préparer six textes pour les présenter au Jury. Plusieurs slameurs viendront de différents pays, tous avec l’envie d’arracher le trophée. Pour l’avoir déjà entendue lire un poème, nous pouvons dire sans hésitation que notre Sihem a toutes ses chances, et même un peu plus. Sa personnalité dégage une force émotive à laquelle il est difficile de résister. Quand elle lit un texte, elle se l’approprie en investissant sa personne dedans, au point où la poésie devient son langage naturel. De plus, sa stature physique empreinte de grâce et de charme finira certainement par convaincre le plus retissent des jurys. Souhaitons très fort que notre Bougiote Sam revienne avec le trophée, car elle est méritante, et cela ferait tellement la fierté de notre Kabylie, dans cette Algérie bourrée de talents ignorés.
N. Si Yani

