Site icon La Dépêche de Kabylie

«beaucoup reste à faire en matière de prévention»

Dans le but de diminuer la mortalité par cancer et sensibiliser la population sur l’importance du dépistage, l’établissement hospitalierd’Azazga et l’établissement public de proximité ont organisé une journée portes ouvertes et des communications sur le cancer, mercredi passé à l’annexe de la maison de la culture Mouloud Mammeri d’Azazga.

En effet et sous instruction du ministère de la santé la direction de la santé d’Azazga a organisé l’initiative sous le parrainage de la direction de la santé de Tizi-Ouzou dans le cadre de la présentation du plan quinquennal de lutte contre le cancer ( 2015- 2019). La rencontre a débuté par la prise de parole du directeur de la santé et de la population de la wilaya de Tizi-Ouzou, M.Gaceb qui,  en plus de saluer tous ceux qui ont fait que la campagne soit menée dans de très bonnes conditions, a rappelé les efforts de l’état dans la lutte contre le cancer, à savoir la réalisation de 15 centres anti cancer (CAC)  ceux de Annaba, Batna, Setif et DBK de Tizi-Ouzou  qui sera livré en fin 2015. Tout en soulignant l’exemple de Ouargla, le DSP de Tizi-Ouzou a félicité l’évolution en terme de rendez-vous pour la chimiothérapie qui est de 15 à 20 jours mais tous ses efforts ne peuvent avoir de résultats sans le registre national de cancer qui représente une banque de données capitale pour la meilleure prise en charge du malade. Mme Benamara, la directrice  de l’EPH  d’Azazga et M. Mellak,   directeur de l’EPSP  d’Azazga ont parlé de la nécessité d’organiser régulièrement ce genre de journée pour passer de la sensibilisation à la lutte. Avec un data show, dans la salle de spectacle, le public et une cinquantaine de médecins et les infirmiers ont regardé et écouté attentivement les explications données par les modérateurs, Dr Chaouchi, Dr Hadj Saïd et Dr Kherroub. La première communication était  une présentation du plan quinquennal (2015 -2019) de lutte contre le cancer qui compte 08 axes à savoir  la prévention, le dépistage précoce, l’orientation, l’information, le financement et l’inter sectorialité  et le registre de cancer qui permet une vision claire sur le nombre exact des cancéreux en Algérie pour savoir comment gérer les cas et envisager selon d’éventuelles actions et solutions. Ainsi tous les ministères sont appelés à contribuer dans ce combat contre la maladie du siècle, l’environnement en contrôlant l’air, le commerce en contrôlant des aliments et les colorants ajoutés à des produits qui ne doivent pas être  commercialisés dans le but de préserver la santé publique, la communication qui doit faire son travail de sensibilisation et de vulgarisation, l’intérieur qui a son rôle aussi important pour arriver à la santé. Dr Zenad de l’EPSP  d’Azazga a parlé sur l’épidémiologie du cancer en Algérie où  la pathologie cancéreuse constitue un problème de santé publique comme dans tous les pays du monde. On compte 100 nouveaux cas sur 100 000 habitants. les cancers du sein et du col de l’uterus représentent 52,95% des cancers touchant les femmes tandis que les plus fréquents chez l’homme  sont ceux du poumon, col rectal, vessie, prostate et de l’estomacs  avec un pourcentage de 52,5% de tous les cancers masculins.  Il a ensuite abordé la prévention et les facteurs à risques qui sont le tabac, l’alcool, la mauvaise alimentation, l’exposition professionnelle à certains agents tels que l’amiante, l’arsenic et le cadmium, l’exposition aux rayonnements UV et quelques infections virales et bactériennes. Dr Mouazer a présenté une communication intitulée : « cancer du colon, dépistage et prévention » en expliquant que le diagnostic au stade précoce permet une guérison qui peut aller jusqu’à 94% des cas, la prévention s’impose en changeant le mode de vie. Cette prévention consiste tout d’abord à diminuer la consommation de viande rouge, à arrêter l’alcool et la cigarette et à pratiquer une activité sportive. Le dépistage dans ce cette catégorie s’adresse à toute la population de 50 à 74 ans même ceux qui ne présentent pas de signes cliniques d’alertes comme les saignement ni d’antécédents personnels ou familiaux. Le cancer du cavum (partie supérieure du pharynx ) a été expliqué par DR Megherbi suivie de Dr Djouadi CHU de Tizi Ouzou qui a, quant à lui, parlé du cancer du poumon .  Pour finir la première séance, Dr Fekhar a présenté une communication intitulée : « les cancers gynécologiques et prévention » On enregistre 11 000 cas chaque année. C’est la 1ere cause de décès chez la femme. Les moyens du dépistage sont la mammographie, l’écographie et l’IRM. Le cancer du col de l’utérus est la deuxième cause de décès chez la femme avec 500 000 nouveaux cas et 30 000 cas de décès dans le monde. Le frottis est le seul moyen de détecter les lésions cancéreuses et précancéreuses.

Il existe un dépistage individuel et un dépistage de masse que les hôpitaux et les centres de soins organisent pour le grand public.

Dr Djouadi a présenté une communication en Kabyle sur le cancer du sein, les antécédents personnels et génétiques et la nécessité de se faire dépister pour éviter la maladie.

Il a proposé la carte de consultation  obligatoire pour les jeunes filles des douze ans afin d’éviter aux familles les affres de la maladie qui ne cesse de tuer. Après la pause café  la deuxième séance a commencé avec comme modérateurs les Dr Kashi, Hail et Touabi. Dr Kherroub a présenté les activités de l’association « El Fedjr » d’aide aux personnes atteintes de cancer qui compte 950 adhérents et prend en charge environ 2366 malades grâce à la persévérance du personnel, sa conviction, sa crédibilité et surtout sa stabilité. Mme Oucherif (membre de l’association) a tenu à préciser que « beaucoup reste à faire en matière de prévention,  d’information et de la prise en charge psychologique et financière des malades atteints de cancer. Main dans la main pour lutter contre le cancer et à l’Etat, aux médecins, au mouvement associatif et à la société civile d’unir leurs efforts pour éradiquer tous les facteurs déclenchants.  Pour clôturer la précieuse journée, les médecins ont insisté sur la possibilité de diminuer les dégâts de la maladie et ce en se faisant dépister. Chaque mal qu’on découvre précocement est facile à traiter et dans le cas où le résultat s’avérerait négatif, la personne ne vivra plus dans l’angoisse  

  Fatima Ameziane

Quitter la version mobile