Le coup d’envoi de la campagne a été donné hier à Alger – «Consommons algérien»

C’est parti pour la campagne «Consommons algérien» initiée par le ministère du Commerce afin d’inciter le citoyen à consommer le produit local et contribuer du coup à réduire les importations.

Le coup d’envoi de cette campagne qui s’étalera sur une semaine, à travers les 48 wilayas du pays, a été donné hier lors d’une cérémonie qui s’est tenue à l’hôtel El-Aurassi, à Alger, en présence de membres du gouvernement, de la Centrale syndicale, des organisations patronales et d’associations de protection des consommateurs. Etaient présents en effet, les ministres du Commerce, de l’Industrie et des mines, de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Artisanat, le secrétaire général de la centrale syndicale, entre autres. C’est dire que le gouvernement mise énormément sur cette campagne afin de redorer le blason du produit local. Un produit qui, il faut le dire, est très mal vu par le consommateur et ce depuis des lustres. Pourtant, il n’a rien à envier aux produits importés. C’est d’ailleurs l’objectif assigné à cette campagne. « Dans un contexte d’ouverture économique, il faut que l’entreprise algérienne arrive à gagner la bataille de la compétitivité pour préserver ses parts de marché et faire face à la rude concurrence des produits importés », a souligné le ministre du Commerce, Amara Benyounès. Dans son intervention, M. Benyounès a incité l’entreprise algérienne à aller de l’avant pour soigner son image auprès du consommateur et tenir tête aux entreprises étrangères. Pour ce faire, le ministre a préconisé plusieurs mesures. Pour lui, il est bien nécessaire de procéder au lancement de nouveaux produits et au développement de nouvelles techniques de fabrication. Selon lui, l’amélioration de la qualité des produits et le renforcement des capacités de conservation et de stockage constituent, aussi, des éléments à maîtriser afin de hisser le produit local au niveau des standards internationaux. En outre, pour le ministre du Commerce, le développement de la production nationale en qualité et en quantité doit constituer «une des priorités majeures de tous les acteurs économiques, pouvoirs publics, chefs d’entreprises et partenaires sociaux pour arriver à la substitution des importations en une offre locale suffisante susceptible de répondre aux besoins du marché intérieur et, également, de dégager des excédents à exporter». Dans ce sillage, Benyounès estime qu’une croissance économique forte et durable ne peut se réaliser qu’en s’appuyant, en premier lieu, sur son propre marché intérieur tout en prenant en charge les questions liées à l’amélioration de la qualité des produits fabriqués localement, à la maîtrise des coûts de production et à la densification et au développement de la chaîne logistique. Intervenant également à la même occasion, le ministre de l’Industrie et des mines, Abdesselam Bouchouareb, a estimé de son côté que produire et consommer algérien sont les grandes lignes d’une politique qui accorde une préférence à la production nationale tout en privilégiant la compétitivité et la qualité des produits. «C’est pourquoi l’une de nos priorités est de conforter la production nationale par un soutien à l’entreprise nationale productive pour qu’elle dispose d’un marché et qu’elle soit capable de concurrencer avantageusement les importations et de s’y substituer», a-t-il dit. Dans son intervention, le même ministre a annoncé que son département travaille actuellement à mettre en place un certain nombre de mesures comme la mise en œuvre d’un programme national de la qualité en direction des entreprises et la promulgation d’une nouvelle loi sur la normalisation, en phase d’examen par le gouvernement. Et ce, afin d’améliorer davantage la compétitivité des entreprises. Le ministre a annoncé également que le secteur envisage de lancer un projet de mise à niveau des organismes nationaux en charge de la qualité (IANOR, ALGERAC, ONML, INAPI) qui seront regroupés au sein d’un guichet unique « la Maison de la qualité ». De son côté le ministre de l’Agriculture et du développement rural, Abdelouahab Nouri, a mis en garde contre des importations de biens et services avec des qualités insuffisantes et ne répondant pas aux règles de conformités, engendrant une concurrence déloyale envers la production nationale. « Cette tendance à l’importation a porté des coups sévères à la production nationale agricole ou industrielle », a-t-il relevé. « Il est inacceptable d’importer des produits de large consommation dont le pays possède une base industrielle qui peut satisfaire le marché national », a-t-il déploré. Le secrétaire général de la centrale syndicale, Abdelmadjid Sidi Saïd, a, pour sa part, présenté neuf propositions pour rationaliser les importations et promouvoir la production nationale. Il s’agit notamment d’interdire l’activité d’importations aux opérateurs étrangers et de mettre fin à la procédure de paiement des importations par anticipation. Il a aussi proposé de diminuer les importations des produits agroalimentaires et électroménagers, pouvant économiser jusqu’à 10 milliards de dollars par an.

L. O. CH