La grève largement suivie dans les lycées

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Les travailleurs du secteur de l’éducation tout corps confondus ont suivi largement le mot d’ordre durant les journées des 15 et 16 janvier à travers toutes les localités des daïras de Draâ El Mizan et Tizi Gheniff.Ainsi, au chef-lieu, Draâ El Mizan, les lycées Ali-Mellah et le technicum, les cour ont cessé à 100% alors qu’ils ont été partiels au lycée Hamdani-Saïd. Pour l’enseignement moyen, hormis le nouveau collège qui a suivi dès la première journée le mot d’ordre de grève, les deux autres, à savoir Krim-Rabah et Frères Harchaoui, les professeurs ont travaillé normalement. En ce qui concerne les écoles primaires, la majorité d’entre elles n’ont pas fonctionné à la grande joie des bambins.Selon plusieurs observateurs, l’estimation du suivi s’élèverait à 75%. “Plusieurs travailleurs de notre secteur n’arrivent pas à se situer face à cette anarchie d’autant plus que le SETE majoritairement représenté dans la localité ne s’était pas prononcé lors de sa dernière assemblée où l’union territoriale s’était démarquée de la position du bureau de wilaya”, nous confie ce professeur de collège qui a assuré ses cours durant ces deux journées de protestation. Par ailleurs, une réunion des responsables syndicaux au niveau des daïras de Draâ El Mizan et Tizi Gheniff a été prévue pour ce lundi, mais ses travaux ne sont pas achevés au moment où nous mettons sous presse et personne n’a voulu répondre à nos questions car elles seraient trop anticipées.Le même constat est fait pour tous les autres établissements de la daïra de Tizi Gheniff, où la grève est partiellement suivie, mais avec une large marge pour les contestataires.“Nous devons nous unir si nous voulons que notre action progresse, car de notre force dépend celle de l’éducation”, nous confie cet enseignant qui se demande à juste titre comment espère M. le ministre de l’Education obtenir de meilleurs résultats ou élever le niveau des élèves alors que les enseignants qui sont censés être les locomotives sont complètement bousillés et que leurs situations sociales empirent de jour en jour ?Rencontré à Tizi Gheniff, ce retraité de l’enseignement, un ex-professeur du moyen, n’a pas caché sa satisfaction pour ces mouvements de protestation, comme il voue une admiration pour les responsables syndicaux qui n’hésitent pas malgré toutes les menaces, à braver le glaive de la tutelle.“Je regrette qu’il y eut beaucoup de lâcheté à une certaine période de ma vie active car si nous avions eu juste un peu de courage, les choses ne seraient pas comme elles sont actuellement, car les responsables nous mettaient chaque fois devant l’intérêt des élèves, comme si nous étions des blindés ou des chars d’assaut et cette génération paie beaucoup pour notre lâcheté”, nous confie notre interlocuteur dans une tristesse contenue.

Essaïd N’Aït Kaci

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