Aïn Bessem : Le cadre de vie en continuelle détérioration au village – Oued Lakhal broie du noir

Situé sur le CW 97, à 8 Kms de la ville de Aïn Bessem dont il dépend administrativement, le village de Oued Lakhal continue à broyer du noir en matière de cadre de vie, et ce, en face d’un beau lac bleu, à savoir le plan d’eau du barrage du même nom, rempli à fleur de digue depuis deux mois.

Ce cadre de vie qui se détériore à vue d’œil est également en contraste flagrant avec la verdure de ce mois d’avril qui voit partout les champs de blé moutonner de leurs mouvements, faisant ondoyer les verts épis. Sur la route, dans les fossés, autour des maisons, des amoncellements de déchets ménagers, dominés par les sachets et les bouteilles en plastique, sont visibles pour n’importe quel voyageur qui emprunte la grande route allant d’Aïn Bessem à El Hachimia. De plus, lorsque la chaleur commence à monter, comme c’était le cas la semaine passée, avec 29 et 30 degrés à l’ombre, les puanteurs qui se dégagent de ces tas d’ordures ne peuvent laisser indifférents les passants. Les chats et les chiens pullulent dans les parages, semant la menace de maladies infectieuses, à commencer par la rage. Des troupeaux de moutons et de chèvres ne cessent, eux aussi, de convoiter les ordures qu’ils rencontrent sur leur passage. Le nombre de maisons ne cesse de croitre chaque année sur un terrain qui, initialement, ne comptait que la petite base de vie de la société étrangère qui a construit le barrage de l’Oued Lakhal. Cette société ayant quitté les lieux depuis 1984, le site fut occupé par des ménages venus des environs d’Aïn Bessem. En s’accroissant, le village n’épouse aucune forme qui ferait de lui un village rural ou un périmètre urbain. C’est un agrégat informe de constructions à deux ou trois étages, dont presque aucune n’est finie ; d’où d’ailleurs des gravats et des restes de matériaux de construction semés à travers les rues de cet éternel chantier, en plus des décharges sauvages composées de déchets ménagers. Les ruelles du village sont encore des pistes qui se soulèvent sous forme de poussière en période de chaleur et qui se transforment en véritable bourbier dès les premières pluies. Son nom « El Qaria », habituellement décliné par ses habitants et les transporteurs publics (fourgonnettes appelées capsula) insinue une vocation agricole qui, en réalité existe mais se trouve largement dépassée par les autres métiers (fonctionnariat, marché informel en ville,…). Aucune infrastructure de détente ou de loisir n’est installée dans le village du barrage. Pour n’importe quel service, les habitants doivent se déplacer, dans un mouvement incessant, sur la ville d’Aïn Bessem, double chef-lieu de commune et de daïra.

N. M. Taous