La marche organisée par l’association «Thamoughli» d’Ait Hichem, en hommage à Madame Ait Abba née Ait Ouslimane Nadia, a drainé plus d’une centaine de personnes, des jeunes du village en majorité. Après un parcours de plus d’un kilomètre, les marcheurs arrivent au cimetière du village pour déposer une gerbe de fleurs et se recueillir sur la tombe de la martyre, unique femme, victime du printemps noir. Quelques mots ont été prononcés, par la suite, pour commémorer ce jour qui a vu Nadia, ravie aux siens à la fleur de l’âge, le 28 Avril 2001. Cependant, l’honneur, revient à ces marcheurs qui ont battu le pavé pour que personne n’oublie Nadia et tous ceux qui sont tombés, lors du printemps noir. Une balle, tirée à partir de la brigade de gendarmerie de Ain El Hammam, en direction des habitations de la cité Sidi Ali Ouyahia, a eu raison de la jeune femme, âgée alors de trente cinq ans. Quelques instant auparavant, Nadia enseignante à l’école de la cité avait quitté sa maison trop proche des hostilités pour se réfugier dans l’appartement de sa voisine, jugée plus sûr. Mais la faucheuse avait décidé de l’emporter ce jour-là. C’est dans le salon de sa collègue, au quatrième étage, qu’elle s’écroulera, inanimée. Une seule balle avait suffi pour l’emporter à jamais. «Nous pensons à Nadia, chaque jour que Dieu fait, pas seulement le 28 Avril. Son sourire est toujours là tout le temps, qui nous hante. Elle restera présente dans nos cœurs jusqu’à la mort » nous dira une de ses parentes.
A.O.T.
