Le front des forces socialistes s’est rendu avec une forte délégation, menée par Laskri et Nebbou, hier à Kherrata, pour commémorer le 70e anniversaire des événements du 8 mai 1945. Après le protocolaire dépôt de gerbes de fleurs à la mémoire des martyrs du 8 Mai 45, de ceux de la guerre de Libération et des martyrs du FFS de 1963, Ali Laskri et Mohamed Nebbou ont animé un meeting populaire à la salle des fêtes de la localité. Ali Laskri, membre de l’instance présidentielle du parti, ne sera pas tendre avec les opposants au projet du consensus national, initié par sa formation politique. Il souligne : «En tous les cas, nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout pour défendre notre projet». De son côté le premier secrétaire du parti, Mohamed Nebbou, dira, dès l’entame de son discours, que «lui et ses amis sont venus à Kherrata pour déposer une gerbe de fleurs au pied de la stèle érigée en hommage aux martyrs de 1945, ces martyrs que le pouvoir refuse de reconnaître 53 ans après l’indépendance. Pourtant, rajoutera-t-il, 45 000 personnes y ont perdu la vie». Il dénoncera le rejet du projet de loi portant reconnaissance des victimes du 8 mai 1945 et de 1963 en tant que martyrs. S’attaquant au pouvoir français, il lui déniera le droit d’appeler la Turquie à reconnaître le génocide arménien alors que la France ne reconnaît pas les massacres commis en Algérie. Passant des événements de mai 45 à la politique actuelle, l’orateur déclarera que le pays est guetté par tous les dangers fomentés par le nouvel impérialisme alors que le pouvoir en place semble ne pas s’en rendre compte. En face, dira-t-il encore, une partie de l’opposition dont la seule préoccupation est une présidentielle anticipée. Pour ce qui est du projet du consensus national, Mohamed Nebbou dira qu’il y a ceux qui ont été convaincus et d’autres réticents mais c’est la seule solution de sortie de crise.
A. Gana
