Une cité dépourvue de réseau d’assainissement

Ce sont une vingtaine de foyers situés au versant nord du village Ighil N’djiber, dans la commune de Seddouk, qui sont dépourvus d’un réseau d’assainissement des eaux usées. Malgré son grand nombre d’habitants, seule son implantation près d’un chemin traditionnel séculaire qui mène vers les champs permet jusqu’à aujourd’hui le passage uniquement à pieds où à dos de mulet. Les villageois l’utilisent rarement et le considèrent comme étant très approprié pour recevoir une conduite d’assainissement qui déversera les eaux usées très loin du village. Ces habitants laissés pour-compte souffrent toujours le martyre. La cité Amdoune, c’est d’elle qu’il s’agit, avait aussi cet autre avantage d’être située à la lisière de la RN 74, laquelle la borde sur une distance de plus de 800 m, distribuant ainsi des passages jusqu’aux propriétés, route qu’ils considèrent aussi adéquate pour ce genre de projet n’était le refus catégorique du propriétaire d’un champ d’oliviers d’accepter le passage d’un réseau d’assainissement sur un chemin public bordant sa propriété. Pour cela, les habitants, qui n’avaient d’autres alternatives que de se rabattre sur la réalisation de fosses sceptiques, s’en sont remis aux autorités locales auxquelles ils ont demandé de les faire sortir de cette ornière par la recherche de la solution la plus juste, celle qui puisse arranger tout le monde. Pourtant, il semble que ces représentants de l’Etat ne se sont pas préoccupés de leur sort, ceci si l’on croit Aourtilane, un riverain ayant pignon sur la grande route. « Les pouvoirs publics pourraient faire quelque chose pour nous faire sortir de cette misère s’ils avaient vraiment l’intention de répondre favorablement à nos doléances, car il faut qu’ils sachent que nous vivons l’enfer », tempêta ironiquement notre interlocuteur. Et il a ajouté : « La dernière fois que les eaux usées d’une fosse pleine ont débordé, leurs puanteurs nauséabondes ont gêné considérablement les habitants et les voyagistes et nous ont fait craindre le pire : les risques d’épidémie qui peuvent survenir de la constitution d’une zone marécageuse où se proliféreraient les mouches et les moustiques, notamment durant la saison chaude ».

L. Beddar