L’argument de la crise économique derrière lequel on s’est toujours réfugié étant définitivement écarté par la manne financière historique provenant des hydrocarbures ces dix dernières années, rien ne justifie désormais la non exploitation des richesses importantes et diverses que recèle la daïra de M’Chedallah, dont la quasi-totalité des six communes ne fonctionnent que grâce aux subventions, attribuées au compte-gouttes par la wilaya.
Des communes qui croulent sous le poids des dettes, alors que leurs sous-sols respectifs renferment des richesses qui sont loin d’être négligeables, capables de résoudre définitivement les problèmes financiers de l’ensemble de ces communes. Le peu d’intérêt qu’on accorde à ces richesses s’explique par la méconnaissance de ceux auxquels revient le devoir de les mettre en valeur. Aucun responsable n’a envisagé de lancer une quelconque exploration ne serait-ce que pour situer les lieux où se trouvent les gisements des diverses matières et leur évaluation. Nous citerons à titre d’exemple, l’énorme gisement de terre glaise de M’Chedallah au lieu-dit «Vouhven», dans le village d’Ath Yevrahim. Testé en laboratoire, le gisement de ce lieu répond à toutes les normes requises pour tout ce qui est produit rouge, briques, tuiles et dans une large mesure la poterie ; un gisement sous forme d’une haute et longue colline qui a servi depuis la nuit des temps à nos ancêtres pour la poterie. Autre richesse laissée en « jachère » est le sel de première qualité de Thamelahth, dans la commune d’Ahnif, dont le filon a été aussi exploité de manière traditionnelle durant des siècles par les autochtones mais abandonné depuis plusieurs dizaines d’années. Une autre et inestimable richesse qu’est la pierre bleue sous forme d’une infinie chaîne de montagne qui s’étend d’Ath Leqser jusqu’aux portes de fer dans la wilaya de Bordj Bou-Arreridj, attend d’être exploitée dans la commune d’Ath Mansour. Un gisement exploité aussi de manière rudimentaire par des chômeurs. La commune de Saharidj n’est pas en reste avec les gisements de chaux à proximité du village Ath Illitene. Les mêmes gisements, on les trouve aussi dans la commune d’El Adjiba. Citons enfin, la richesse dominante que sont les importantes réserves hydriques des communes de Saharidj et Aghbalou, car situées en haute montagne sur les flancs Sud du massif de Lala Khadîdja qui referment l’une des plus importante nappe phréatique à l’échelle national avec une spécificité de taille : la plupart des sources de ces deux communes sont à caractère minéral dont le produit est prêt à la mise en bouteille ne nécessitant aucun traitement. Dans la commune de Chorfa, l’une de ces sources est dénommée «El Anser El Gazeuse». C’est souligner, on ne peut mieux, la qualité de cette eau dont plusieurs sources sont à caractère thérapeutique, notamment pour le traitement des maladies de la peau et les articulations. A toutes ces richesses s’ajoutent celles des milliers d’hectares de terre agricoles fertiles irrigables, à l’image des légendaires surfaces agricoles de la plaine de M’Chedallah à partir d’Assif Assemadh jusqu’à Chorfa. Ces terres hautement fertiles sont abandonnées et ne produisent que des… ronces et épines ; elles ne servent même pas au pâturage. Des terres à partir desquelles se sont enrichis des dizaines de colons de l’ex-commune mixte de Maillot en exploitant toutes les variétés des céréales mais et surtout des oliveraies à perte de vue dont la qualité de l’huile a raflé à chaque concours national et international le premier prix dont celui de 1933 à Paris, durant un concours auquel ont participé tous les pays producteurs de l’huile d’olive. C’est là un exemple révélateur de ce qui a fait de l’Algérie le premier importateur mondial de blé après avoir servi durant plusieurs générations de… «Grenier» à l’Europe. Au lieu de continuer à « injecter » des enveloppes colossales dans des programmes exagérément appelés développement rural qui sont infructueux aussi bien les uns que les autres, ne pense-t-on pas qu’il est grand temps de s’orienter plutôt vers l’exploitation de ces divers gisements dormants d’autant plus, qu’à l’heure actuelle, toutes les conditions favorables sont réunies pour le faire, telles la disponibilité de moyens financiers, recul sensible du terrorisme et plus important encore la mise en service des autoroutes. C’est un investissement qui absorberait un chômage tenace et galopant et, du coup, élèvera le niveau de vie de la population.
Oulaid Soualah

