Dans le but de lever les oppositions et débloquer le projet de réalisation de la zone industrielle de Souama, et après deux mois d’attente, une entrevue a eu lieu la semaine passée entre le wali de Tizi-Ouzou, le P/APC, les élus et les représentants des comités des villages de la commune. Le wali qui a présidé la rencontre a dit comprendre l’inquiétude des citoyens quant au retard enregistré dans la concrétisation du projet de la zone industrielle. Celui-ci sera en effet la solution aux problèmes économiques et sociaux que vit la localité vu son isolement. La zone industrielle, si elle voit le jour, sera bénéfique pour la willaya et pour l’économie du pays en général, a souligné M. Bouazghi, faisant savoir que plusieurs sociétés nationales et étrangères ont d’ores et déjà exprimé leur volonté d’y investir, dont Coca-Cola, Peugeot et une entreprise turque de détergents. Et comme rapporté dans notre édition du 28 mars dernier, les citoyens, conscients de l’impact socioéconomique qu’aura la zone, ne comprenaient pas le blocage. On finira par savoir que ce sont certains propriétaires d’Azazga et même de Souama qui s’opposent à leur expropriation. Les autorités et les représentants des comites des villages nous ont pourtant affirmé qu’une enveloppe de 2 ,45 milliards est réservée par l’Etat pour leur indemnisation. Par ailleurs, le wali a annoncé que 09 milliards de dinars constituaient l’enveloppe allouée pour la viabilisation des terrains qui accueilleront le projet, une opération qui permettra déjà de créer des postes d’emplois pour les jeunes de la région. Mardi dernier donc, la réunion s’est tenue avec la présence du chef du cabinet, le président de la commission industrie à l’APN, les directeurs des domaines, de l’industrie et des mines, le géomètre entre autres. Lors de la réunion, il a été proposé de dégager une assiette de 87 hectares, des terrains déclassés et régularisables, pour les attribuer aux propriétaires terriens en compensation, chose qu’a accepté le wali. Le P/APC, les élus et les comités des villages se sont dits satisfaits du résultat de l’entrevue avec le wali qui a promis de faire en sorte que ce projet de développement local et national se concrétise le plus vite possible. Et la population de Souama ne cache pas son optimisme. « Nous, représentants des citoyens, devons assumer nos responsabilités envers les habitants. Nous devons protéger le seul projet qui puisse garantir un meilleur avenir pour nos enfants qui manquent déjà de tout. Nous ne lâcherons jamais la zone, c’est le projet de l’espoir qui nous a été accordé en 2011 et qui attend toujours de voir le jour. Nous sommes pour l’indemnisation des propriétaires terriens et nous supplions les autorités de prendre en charge le problème. Si la situation ne s’arrange pas, nous demanderons l’application des textes de la loi 91 /11 du 27 avril 1991 fixant les règles générales relatives à l’expropriation pour cause d’utilité publique », nous a déclaré Sadji Meziane, représentant du comité du village de Souama. En présence du P/APC et du géomètre, le chef du cabinet du wali a rencontré les propriétaires qui se sont organisés en association. Il les a mis au courant de la solution proposée durant la réunion par le géomètre et approuvée par le wali, leur demandant de mettre fin aux oppositions qui ne font que bloquer l’essor de la région. Un délai d’une semaine leur a été accordé pour prendre leur décision. Le wali a promis d’organiser une deuxième entrevue avec les comités des dix villages de Souama, dans quinze jours, vu l’urgence de la situation.
Fatima Ameziane
