Le leader du parti de la justice et de la liberté, Mohamed Saïd, à partir de Boudouaou – «La prolifération de l'EI à nos frontières ne peut qu’accroître notre inquiétude»

«La montée en puissance en si peu de temps de l’organisation terroriste de Daech, sur la trace du fameux printemps arabe, prolongement de la destruction continuelle de l’Irak uniquement dans les régions pétrolifères et gazières, n’est nullement une pure coïncidence ». C’est l’un des plus importants extraits du discours prononcé hier, par le président du parti de la justice et de la liberté au centre culturel de Boudouaou, à 14 kms à l’Ouest de Boumerdès. « La prolifération de ces hordes de l’EI à nos frontières ne peut qu’accroître notre inquiétude », ajoutera-t-il, en rappelant l’attaque de la base de Tiguentourine, heureusement déjouée par l’armée régulière algérienne au début de l’année 2013. L’on doit de ce fait, selon la quintessence de son allocution, redoubler de vigilance y compris vis-à-vis de nos relations avec des pays voisins, en citant nommément la Mauritanie qui afficherait actuellement l’intention de nuisance à l’égard de notre pays, alors qu’elle fut considérée, dans les années soixantaines-dix, comme une wilaya en plus de l’Algérie, l’ayant libérée de l’emprise du Maroc avant de la soutenir sur tous les plans. L’ex-candidat à la présidentielle en 2009, devenu plus tard ministre de l’Information, notera que « l’Algérie est riche en premier lieu par sa jeunesse, dont la majorité constituée de jeunes entre 30 et 35 ans et sur laquelle le pays peut donc compter ». Un avantage, ajoutera-t-il expressément, « que l’on ne peut guère trouver aujourd’hui dans les pays occidentaux n’ayant pratiquement que des enfants en bas âge ou des vieux de plus de 60 ans ». Mohamed Saïd dira dans ce contexte qu’il a toujours préféré le contact direct avec cette jeunesse d’une manière particulière, en insistant sur l’importance de l’attachement au pays, recelant de multiples ressources y compris celle inépuisable jusqu’à la fin des temps, comme l’énergie solaire. « C’est une nette démarcation avec l’attitude d’autres partis se contentant de critiquer sans arguments valables, dans des salons feutrés, la politique du pouvoir en place », précisera-t-il. Le leader de ce parti voudrait, d’une part, que « notre jeunesse transcende son pessimisme à l’égard de la situation actuelle du pays et se montre prête à relever les défis et que les responsables amorcent une politique de gestion plus rationnelle, durable, non pas celle qui se limite à solutionner temporairement les différents problèmes, d’une autre part ». « C’est pourquoi, l’opinion attend les modalités d’entrée en vigueur de la nouvelle constitution », expliquera-t-il encore. Sans citer l’action actuelle du FFS, Mohamed Saïd plaidera, lui aussi, en somme, pour un consensus entre les partis et le pouvoir, notamment dans l’optique de mettre en œuvre un processus de développement économique et social, susceptible de régler la question de l’alternance au pouvoir avec comme credo « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », de surmonter les entraves bureaucratiques et redonner confiance aux citoyens.

Salim Haddou