Quand on n’a que l’oléiculture !

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La commune d'Ahnif, dont le chef-lieu est situé à 40 Kms à l'Est de Bouira, est considérée comme l'une des plus déshéritées au niveau de la wilaya .

Avec ses 14 villages, sous-développés les uns que les autres, cette municipalité n’arrive pas à retrouver ses marques. Et c’est tout à fait normal, car avec un budget annuel qui frise le ridicule (en moyenne 40 millions DA), il y a de quoi faire perdurer le marasme et la léthargie dans laquelle est confinée cette localité limitrophe au Sud avec la wilaya de Bordj Bou Arréridj. La population qui dépasse largement les 11 000 habitants ne mène, certes, pas une vie de luxe dans ces contrées, où l’oléiculture et l’élevage prédominent sur les autres activités sporadiques. Bien chanceux ces Ahnifois d’aujourd’hui qui peuvent compter sur cette manne oléicole léguée par leurs ancêtres, autrement… La commune d’Ahnif compte un verger oléicole impressionnant, lequel permet à des centaines de familles propriétaires d’oliveraies de vivre convenablement en vendant le surplus des récoltes annuelles, avec en prime une huile d’olive d’une excellente qualité dont le prix du litre oscille entre 600 et 700 DA ! C’est dire que nos aïeux étaient de véritables visionnaires qui pensaient, pas comme nous, aux futures générations en leur léguant un parc oléicole à la hauteur de leur générosité ! Néanmoins, comme nous sommes ingrats et non reconnaissants envers nos ancêtres, nous procédons à la destruction, sans état d’âme, de centaines d’oliviers plusieurs fois centenaires pour les besoins d’une construction anarchique en plus! Sur un autre registre, dans cette commune, le chômage est endémique. Ahnif n’offre pas beaucoup d’opportunités de travail à ses « fils »! Il faut partir ailleurs, pour pouvoir prétendre à un poste stable. Ici, c’est plutôt les métiers précaires qui sont en « vogue » à défaut, où carrément le commerce, comme l’alimentation générale et les cafétérias. Ces dernières réussissent bien et ont la cote parmi la masse juvénile, du moment que les jeunes de la localité s’y prélassent en sirotant, à longueur de journée, le café! L’unique centre culturel que compte le chef-lieu est loin de répondre aux espérances des jeunes, car il est sous-équipé et manquant terriblement d’animateurs et d’encadreurs de métier. Ceux qui y activent sont recrutés dans le cadre du pré-emploi, et ne sont pas diplômés en animation culturelle. La bibliothèque communale n’est pas, non plus, logée en meilleure enseigne, puisqu’elle aussi enregistre un manque en personnel spécialisé comme les bibliothécaires, les animateurs, etc. Ce lieu, qui est mitoyen au siège de l’APC, ne fait présentement office que d’une salle de lecture et de révision pour les élèves des différents paliers de l’éducation. Quant au stade municipal, celui-ci est impraticable à cause de l’état peu reluisant du terrain. L’équipe fanion de la commune, le FC Tamelllaht, qui évolue en Pré honneur, se débat dans des difficultés d’ordre structurelles et financières. À l’orée de ce constat, pour le moins affligeant, est-il loisible de conclure que la commune d’Ahnif se trouve, malheureusement, encore loin de la «délivrance» de cette situation, qui est, a priori, inextricable.

Y. Samir

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