Les préparatifs vont bon train à Béjaïa

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Plus que quelques jours nous séparent du mois de Ramadhan et les préparatifs vont bon train au niveau des ménages. Les premières provisions ont été faites dans le but d’éviter la cherté pratiquée durant ce mois sacré. Le poulet, avant qu’il ne prenne des ailes, est acheté en quantité pour être conservé au congélateur. Il sera, dans la majorité des ménages, la viande maîtresse des menus quotidiens. La viande congelée lui tiendra compagnie de temps à autre alors que la viande fraîche fera son apparition rarement tellement elle est chère. L’oignon et l’ail, vendus présentement à des prix abordables, sont les seuls légumes achetés, par les chefs de famille, d’autant plus qu’ils se conservent bien et ce quel que soit le climat. Les mères de famille priorisent l’achat des épices, du frik et des fruits secs. De leur côté les commerçants ne restent pas en marge de ce mouvement perceptible depuis deux semaines environs. Les boutiques sont richement achalandées et les flans et autres produits, pratiquement disparus des étals depuis la fin du Ramadhan de l’année dernière, font leur retour. Le mois de Ramadhan est la période d’enrichissement par excellence. Des hangars disséminés un peu partout à travers les villes et les campagnes vont s’ouvrir, par miracle, pour permettre à leurs propriétaires de s’enrichir encore plus rapidement dans une spéculation qui ne dit pas son nom. D’autres, moins chanceux, doivent impérieusement fermer boutique et disparaître de ce paysage religieux l’espace d’un mois. Il s’agit, bien entendu, des tenanciers de bars et débits de vente de boissons alcoolisées à emporter qui seront forcés au congé. Les mosquées seront prises d’assaut par les pratiquants qui y passeront toute la soirée alors que quelques uns parmi eux feront, de temps à autre, l’impasse sur « les tarawihs » pour aller au café y déguster une boisson avec des amis. Place aux soirées animées autour d’une partie de jeux de dominos ou de cartes pour certains et autour d’un thé à la maison pour d’autres. Il est évident que des soirées musicales seront organisées pour distraire les familles, nombreuses à sortir la nuit. Il y a, aussi, une autre frange de jeunes et de moins jeunes qui s’adonnera à ce fameux jeu de loto. Depuis quelques années, ce jeu n’arrête pas de faire fureur durant le mois de Ramadhan. Les soirées se prolongent jusqu’à l’aube durant les week-ends. Des cartons avec des cases qu’il faut essayer de remplir en suivant la litanie du tireur de jetons. Des tireurs qui sont souvent recherchés pour leur bagout. Ces tireurs amusent la galerie avec leurs annonces. Le bagout de ces tireurs attire souvent des gens des autres contrées. Tout ceci se passe en soirée, c’est-à-dire après la rupture du jeûne. La journée, c’est une autre paire de manches. Une simple bousculade dans une file d’attente, nombreuses en ce mois, se termine par une rixe. Le fait d’être sevré toute la journée rend les gens très nerveux. Même si c’est le mois des affaires pour certains, il reste que le Ramadhan doit être synonyme de piété et de respect du prochain pour tous les autres.

A. Gana

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