Le nombre de magasins spécialisés dans la confection de gâteaux traditionnels a latéralement explosé en l’espace de quelques années aussi bien à Larbâa Nath Irathen qu’ailleurs. Mais apparemment, cela ne suffit pas à satisfaire une demande qui devient, de plus en plus, forte, surtout en ce mois de Ramadhan. Un achat qui s’ajoute à la longue liste des emplettes quotidiennes qu’il ne faut surtout pas rater. Un achat incontournable durant ce mois sacré.
Du coup, l’un des importants achats qui figure sur la longue liste des courses risque de ne pas se faire, mais encore risque de faire des mécontents à la maison. Car, le fameux aghroum ou thamthout (galette) qui orne la table de ce mois sacré manque à l’appel. Sans doute, un manque dû à la forte demande qui a latéralement explosé. D’emblée, dès le premier jour du mois sacré aussi incroyable puisse l’être, des chaines humaines se forment devant les magasins suscités. Malgré que ces derniers ont doublé leurs production, mais cela reste insuffisant. Une des propriétaires de ces magasins de gâteaux traditionnels, implantés au niveau du chef-lieu, nous dira : «Quelque soit la quantité que nous produisons, chaque jours, elle s’écoule en un laps de temps très court. Nous avons même doublé d’effectifs spécialement pour ce mois de Ramadhan mais cela reste insuffisant. Certes, cela est bon pour les affaires bien que fatiguant, mais j’avoue que sa me gêne de voir parfois des disputes s’éclater devant mon magasin à cause de la rupture de stock. Quelque soit la quantité produite, elle s’écoule sans encombre et ces altercations sont inévitables». Effectivement, c’est là une réalité amère qui inquiète de plus en plus les pères de familles. En tout cas, beaucoup de pères et de mères ne sont pas de cet avis. Car, acheter ou même manger une galette qu’elles n’ont pas préparée avec soins et amour est, pour elles, inconcevable. Elles jugent que le fameux aghroum ou thamthout doit se faire à l’ancienne, avec soin et de préférence fait maison et qu’aucune excuse ne peut justifier se rabattement sur ces magasins. Loin de faire des préjugés, mais elles estiment que les femmes doivent s’impliquer encore d’avantage. Du moins, c’est ce que Na Aldjia, une vieille femme de Thaourirth Moukrane, nous dira, en voyant ces files d’attentes devant ces magasins spécialisés dans la confection de galette. Elle affirme que rien ne puisse justifier ça. «Même si de nos jours, la plus part des femmes travaillent, cela n’explique en rien ces rabattements sur ces magasins. Il suffit de ne pas être fainéante et de s’impliquer un peu plus. Et puis, cela ne demande pas beaucoup de temps. À notre époque, nous nous levons très tôt, avant la grande chaleur de la journée, pour faire le ménage et préparer le fameux aghroum et en deux temps et trois mouvements, tout est fait. Et ce n’est qu’après la fin de cette tâche que nous nous rendons aux champs, pour les différentes tâchent qui nous attendent. Donc, rien ne peut justifier cela», dira Na Aldjia. Et d’ajouter : «Cela m’inquiète sérieusement, car c’est notre identité culturelle et culinaire qui commencent à prendre un sérieux coup. Il faut que les gens commencent à prendre conscience des répercutions qu’un tel comportement peut engendrer à long terme, car dans peu de temps, rien ne restera de notre passé. D’ailleurs, même le fameux couscous fait maison a pris un sacré coup».
Y. Z.
