Après plusieurs jours de gelées matinales suivies de soleil printanier au milieu de la journée, le temps hivernal s’est réinstallé à partir d’hier sur le territoire de la wilaya de Bouira. Ainsi, de fortes pluies se sont abattues dans la nuit de jeudi à vendredi et la température s’est sensiblement adoucie. Car, lors des gelées blanches de la semaine passée, le thermomètre affichait des températures négatives jusqu’au début de la matinée. Ce qui a eu pour conséquence l’arrêt total de la croissance des végétaux, à commencer par les céréales dont la levée n’a pas encore eu lieu sur la plupart des parcelles emblavées. Pis, les jardins potagers de menthe, basilic et autres condiments ont vu le feuillage de leurs plantes se ratatiner frisant les brûlures qui se sont produites l’année passée sous la neige verglacée. Ceux qui ont affiché le plus d’inquiétude, ce sont bien les arboriculteurs qui ont mis en terre des oliviers ou des pieds francs d’oléastre au cours des mois de novembre et décembre et qui attendaient la générosité du ciel pour développer l’enracinement des nouveaux plants. Sur le plan des réserves hydriques, il semble pour l’instant que les ouvrages hydrauliques de la wilaya sont bien alimentés d’autant plus que les volumes résiduels de l’année passée étaient conséquents. La mise à eau progressive du barrage de Tilesdit (Bachloul), d’une capacité de 167 millions de m3, est toujours en cours et les adductions pour l’alimentation des localités ciblées sont entamées. Le barrage de oued Lakhal (Aïn Bessem), d’une capacité de 30 millions de m3, est à plus de 50% de ses capacités de rétention. Cependant, le retour des pluies est vécu par beaucoup d’habitants de Bouira comme une malédiction en raison d’un environnement urbain mal maîtrisé qui fait qu’une simple averse se traduit par d’immenses désagréments : des mares d’eau se forment au pied des bâtiments, des venelles et parfois des routes importantes de la ville se transforment en de gigantesques bourbiers auxquels s’ajoutent parfois des ordures entraînées par les eaux. Sur le plan des grands risques des inondations ou du blocage de route en raison de l’enneigement, les services de la wilaya, instruits par l’amère expérience de l’année passée, ont institué une cellule de suivi qui peut se réunir et mobiliser les moyens de prévention et de sauvetage à l’annonce de la moindre prévision météorologique jugée menaçante.
Amar Naït Messaoud