«Nous ne sommes pas des corrompus pour détourner une somme de 162 milliards dans ce projet qui vient juste de redémarrer».
Ce fut le démenti officiel apporté par le wali, avant-hier jeudi, lors de la deuxième session ordinaire de l’APW, à un article de presse ayant relevé par mégarde selon toute apparence, la dépense du montant suscité pour un taux de 10% des travaux de réalisation d’un hôpital de 240 lits au chef-lieu de wilaya. Tout en précisant que ses subordonnés avaient engagé un nouveau bureau d’étude et une entreprise italienne pour la relance de ce chantier de construction après correction de malfaçons dans les fondations de l’édifice, Kamel Abbas ajoutera que la wilaya envisage sérieusement de convertir, à moyen terme, cette nouvelle infrastructure hospitalière en CHU. En réponse également à des élus ayant critiqué la gestion de certains hôpitaux publics, comme celui de Thénia, le premier responsable départemental leur a rappelé justement leur devoir de signaler, loin de toute exagération, toute négligence aux instances concernées. «Et évitez de généraliser de tels jugements négatifs et de rabaisser nos praticiens au dessous du grade d’aides soignants», a-t-il enchaîné en rappelant la récente décision du ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, visant de remettre de l’ordre dans son secteur et selon laquelle le service des urgences doit être exclusivement réservé dorénavant aux cas urgents. Moins d’une demi-heure auparavant, la parole était donnée à d’autres élus, lesquels ont particulièrement relevé l’absence de suivi des projets liés aux travaux publics. «Moins d’une année après leur bitumage, les routes de nombreuses communes berbérophones, à l’instar de celles de Chabet El Ameur, se dégradent à nouveau», notifiera un représentant local du FFS, en citant nommément les agglomérations de Tizi El Bir, Imouhouchène et Ouled Said. Deux autres élus se feront également l’écho des citoyens de leurs communes respectives, Ouled-Aissa et Sidi Daoud, concernant les problèmes du mauvais état de certaines routes, du manque d’approvisionnement en eau potable, notamment depuis le début de cet été et de la reconstruction d’une douzaine de salles de classe du lycée de la deuxième municipalité citée, détruites suite au séisme du 21 mai 2003. Le débat s’est ensuite articulé suite à l’intervention d’un élu du MPA, autour des projets de construction immobilière, notamment ceux de LSP et LPA, lesquels connaissent une cadence de réalisation très lente. Mais le budget complémentaire a été finalement adopté à l’unanimité en début d’après-midi. Et sans s’accorder une pause, la dite assemblée populaire de la wilaya se penchera sur le dossier de l’aménagement urbain, également inscrit à l’ordre du jour. Après lecture du rapport de la commission concernée, citant notamment les importants montants dépensés tant dans les plans sectoriels décentralisés (PSD) que ceux centralisés, avec insistance sur la vocation agricole et touristique de cette wilaya, de nombreux élus relèveront un dysfonctionnement dans ce domaine précis. «D’importantes sommes d’argent ont été dépensées, à titre d’exemple pour l’amélioration du tissu urbain de la contrée de Kemis El Khechna, alors qu’ici même les routes d’El Hadhaba, d’Ouled Ghalia et d’Ouled El Arbi se sont dégradées en moins de deux ans». Les mêmes problèmes ont été relevés au niveau d’autres municipalités de la circonscription de Thenia par les représentants des partis sus mentionnés, insistant sur la nécessité du suivi et du contrôle strict des marchés, y compris ceux de l’aménagement des avaloirs et des trottoirs dans les quartiers, ainsi que la rédaction d’un avenant pour tout investissement et le respect de l’échéancier fixé à la mise en service de ces projets d’utilité publique.
Salim Haddou

