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Le niet des commerçants

Après une réunion avec les marchands ambulants dans la soirée de vendredi dernier, au siège de l’APC, il avait été décidé de l’ouverture officielle du marché couvert de proximité à partir de mardi passé.

Les marchands ont été invités à cette réunion sans que la liste des heureux bénéficiaires ne soit affichée. Il a été convenu dans un premier temps d’ouvrir officiellement ce nouvel espace pour mardi dernier. Au dernier moment, les bénéficiaires ont refusé de rejoindre ce marché car ils jugent que les box qui leurs sont affectés ne sont pas suffisamment spacieux pour exercer leur activité. Ils ont exigé des autorités locales d’élargir davantage ces boxes. Seulement, si élargissement interviendrait, il y aura des bénéficiaires qui seront évincés. Il va falloir donc revoir la liste des bénéficiaires à la baisse, ce qui n’est pas chose facile ; les autorités ne peuvent pas se hasarder à élargir les boxes au risque de soulever l’ire des marchands qui seront écartés. Les marchands bénéficiaires quant à eux, refusent d’occuper les boxes et préfèrent installer leurs étals en plein rue. Du coup, l’un des objectifs assignés à ce marché couvert, à savoir éradiquer l’anarchie et la saturation du trafic au niveau du chef-lieu de Souk El Tenine, tombe à l’eau. En d’autres termes, cet édifice construit à coup de milliards de centimes ne sera pas rentabilisé à moins de lui trouver un autre rôle, une salle de sport pourquoi pas pendant qu’on y est. Signalons aussi que plusieurs marchands n’ont pas hésité à nous contacter pour manifester leur mécontentement et crier l’injustice dont ils sont victimes. Mr Filali, un commerçant originaire de Berkouka, relevant de la commune voisine de Maâtkas, déplorera : «Je travaille dans la ville de Souk El Tenine comme vendeur de fruits et légumes depuis plus de 20 ans ; j’ai déposé ma demande comme tous les marchands mais mon nom n’est pas retenu pour la simple raison que je ne suis pas un Souk El Teninois. Pourtant, je suis aussi de la daira de Maâtkas dont fait partie Souk El Tenine. Les critères exigés (être de la commune de Souk El Tenine) sont simplement des critères révolus, injustes et racistes». Les frères Hadjaz de Tirmitine, les meilleurs commerçants (reconnus par tous les consommateurs) exerçant à Souk El Tenine depuis plus de 20 ans se, désolent aussi : «On nous a écartés parce que nous sommes de la commune voisine de Tirmitine. C’est de la hogra. Au lieu de semer la fraternité et l’union entre les citoyens de la même région, les responsable communaux de Souk El Tenine font dans la division». Ali Ibehal, un autre marchand de Tirmitine, présent au marché de Souk El Tenine depuis 1992 et qui a même été victime du terrorisme, crie à qui veut l’entendre sa marginalisation : «J’exerce ma fonction de vendeur de légumes et fruits à Souk El Tenine depuis 1992, j’ai été même victime du terrorisme dans cette ville ; mais hélas, mon nom n’est pas retenu. C’est de la ségrégation. De toutes les manières, je continuerai à étaler dans la rue et advienne que pourrait. Je suis obligé de gagner la subsistance de mes 4 enfants et je ne sais rien faire d’autre à part vendre des légumes et des fruits». Pour un paradoxe, s’en est vraiment un ! Les bénéficiaires refusent de travailler dans l’exigüité et ceux qui n’ont pas eu la chance d’être retenus réclament un box et crient l’injustice dont ils sont victimes. Une équation à deux inconnus que les responsables de Souk El Tenine doivent résoudre!

Hocine T.

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