Barbacha : Ses points de vente en perte de vitesse – La zlabia, la reine détrônée

Durant ce mois de Ramadhan, l’on vit au rythme traditionnel et particulier d’une animation festive et spirituelle au niveau des places publiques et des marchés.

Le plus attirant de ce décor est l’apparition occasionnelle de points de vente de différents produits, notamment les gâteaux traditionnels, les pains et brioches et les friandises orientales dont la plus célèbre est la zlabia.

Un commerce des plus juteux, car rares sont ceux qui peuvent rester indifférents devant les couleurs, les formes et l’odeur des arômes qui s’y dégagent. Le jeûne en est bien sur l’élément précurseur des envies et de la gourmandise. Cela a fait que la zlabia devienne omniprésente sur les tables de toutes les familles, et beaucoup parcourent plusieurs kilomètres à la recherche de ce gâteau oriental fabriqué à base de farine, sucre et miel. «Je dois surtout mes souvenirs du mois de Ramadhan à la présence quotidienne de la zlabia sur la table à côté des autres mets. L’achat de ce gâteau est une habitude que j’ai hérité de mon père», nous confie Malek, la quarantaine, habitant un petit village du côté d’Iberbachen.

Plusieurs variantes de couleur différente de cette friandise, dont la tunisienne et la boufarikoise, sont exposées sur des étals de fortune aménagés par des commerçants à la sauvette, lesquels pullulent même dans les villages. Néanmoins, ces dernières années et avec la coïncidence du mois sacré avec la saison estivale ponctuée par des pics de chaleur qui font changer les habitudes alimentaires des gens, ces aliments perdent du terrain au profit des boissons rafraîchissante. En effet, l’on a remarqué cette année que les vendeurs de la zlabia se font rares ; malgré les quelques points de vente aménagé ça et là il est largement constatable que cette pratique a nettement reculé. Les raisons de ce recul sont différentes ; certains l’imputent à la hausse de son prix (le prix de la zlabia) et d’autres au changement des habitudes alimentaires du consommateur. Les avis divergent mais la situation est la même presque partout : la zlabia n’est plus ce qu’elle était auparavant. «J’ai investi dans ce créneau depuis une dizaine d’années, et je contionue toujours à exercer cette pratique malgré que les gens ne se bousculent plus devant mon magasin comme au bon vieux temps», nous confie un jeune vendeur de Bouandas qui n’a trouvé mieux que de se transformer en marchand ambulant sillonnant les différentes localités de Bgayet pour vendre sa friandise.

Le prix actuel de la zlabia qui oscille entre 200 et 300 DA ne peut être la vraie raison de la chute de son marché car comme nous l’a expliqué un pâtissier-boulanger de la ville d’El Kseur, la hausse des prix constatée à chaque mois de Ramadhan n’a jamais dissuadé les gens à limiter leurs commissions.

Cette activité a subi, faut-il le rappeler, des critiques acerbes, notamment en matière d’hygiène ; même les «professionnels» de ce créneau n’arrivent plus à écouler aisément leur marchandise. Pour d’autres, c’est peut être la prise de conscience quant aux grands problèmes de santé liés aux habitudes alimentaires incriminant souvent la consommation excessive du sucre qui peut être à l’origine du recul de cette pratique. «L’obésité constitue l’un des plus grands problèmes de santé du siècle. Et l’une des mesures de prévention à l’effet d’éviter la prise du poids est une alimentation saine et équilibrée», estime un médecin privé. L’alimentation équilibrée pour notre interlocuteur est celle basée sur la consommation des légumes et fruits, et éviter les boisons gazeuses, les pâtisseries et friandises, comme la zlabia d’ailleurs, riches en sucre.

Nadir Touati