Certains acteurs opérant dans le domaine des assurances se disent très optimistes quant aux tenants et aboutissants de la récente loi adoptée dernièrement par les deux Chambres parlementaires. Cette dernière apportera au secteur, plus de flexibilité et surtout de la diversification et l’amélioration des prestations de services au profit des clients. Longuement focalisé sur trois secteurs, à savoir l’automobile, le risque industriel et le transport, il était temps que les assurances s’ouvrent sur d’autres horizons en offrant de nouveaux produits. L’assurance des personnes, un produit qui n’est pas vraiment répandu dans notre société, est l’une des prestations à développer. C’est le vœu non seulement du gouvernement mais également des assureurs. Tout en mentionnant le déséquilibre existant dans le marché des assurances, Ahmed Hadj Mohamed, directeur général d’une des 16 compagnies d’assurances que compte le secteur, El Baraka Oua Al Amane en l’occurrence, a, hier lors de son passage au forum de l’Union nationale des commerçants et artisans algériens, souligné que comparativement aux pays développés, l’Algérie accuse un énorme retard dans le domaine de l’assurance des personnes. Celle-ci ne représente que 5 à 6 % du marché global national, alors qu’elle dépasse les 55 % des encaissements réalisés à l’échelle mondiale. Ce retard est dû, selon lui, à la non-conformité de la réglementation régissant le domaine avec les activités des particuliers, au manque du dynamisme du marché financier et à la lenteur dans le règlement du sinistre. » Nous avons trop tendance à assurer nos habitations, nos voitures, nos commerces mais pas nos personnes.Cette culture fait défaut dans notre société car beaucoup de gens ignorent les vertus de ce genre de produit « avance l’invité de l’UGCAA tout en plaidant pour la mise en place d’une nouvelle stratégie susceptible d’harmoniser le secteur des assurances avec les nouvelles donnes universelles. « Nous devons viser les vrais marchés des assurances qui touchent directement les personnes et les ménages ». En ce qui concerne sa société, l’orateur fait savoir qu’une étude technique est en phase de réalisation pour le lancement d’un nouveau produit, réservé directement à l’assurance des personnes individuelles et du collectif. Ce produit baptisé » Takafoul » couvre à la fois le volet prévoyance d’éventuels accidents, de décès… et l’épargne qui permet aux clients de générer des revenus futurs. En versant dans les détails, le directeur du service commercial a souligné que le secteur des assurances est en développement permanent. En se référant au bilan établi par le ministère des Finances, ce dernier informe qu’au courant du premier semestre 2005, il a été comptabilisé un chiffre d’affaire de 11.1 milliards de dinars réalisé par les 16 compagnies d’assurances. Durant l’exercice 2004, ce dernier a atteint le seuil de 37.7 milliards de DA contre 31.3 milliards réalisé en 2003, soit une croissance de 14%. La part du lion, soit 67% des réalisations globales revient aux trois compagnies publiques qui sont : CAAT, CAAR et SAA. Les indemnisations déboursées ont été estimées, par contre, à 17 milliards de dinars.A la question de connaître la part du marché d’El Baraka oua al Amane, son DG rétorque que cette dernière est de l’ordre de 2% et que l’entreprise a comptabilisé durant l’exercice écoulé un bénéfice de 660 millions de DA. Projets en perspective, le lancement d’un nouveau produit qui sera une assurance sur crédit relatif aux maladies à risque et étendre le réseau de distribution, conclut Hadj Mohamed.
Wassila Ould Hamouda
