La Dépêche de Kabylie

La campagne moisson-battage se poursuit – Baisse de production en prévision

Depuis plusieurs années, la superficie réservée à la céréaliculture n’a pas changé. .

Elle est toujours de 70 000 ha, l’objectif affiché par les responsables étant, dans la wilaya de Bouira, l’intensification et non l’extension de la culture céréalière. C’est dans cette optique que vient s’inscrire la nouvelle méthode de travail : l’irrigation au moyen de kits. La wilaya de Bouira qui en est encore au stade de l’expérimentation, la pratique à hauteur de 3000 ha. Alors que le rendement à l’hectare est de 21 quintaux, selon l’estimation du directeur du secteur agricole rencontré dernièrement au siège de la wilaya, celui des périmètres irrigués consacrés à la céréaliculture est de 60 quintaux.

Compte tenu des aléas climatiques défavorables, caractérisés ces dernières années par un stress hydrique qui a assez compromis la production, l’avenir agricole de cette région à haute valeur agricole est dans la généralisation de l’irrigation par kits. Cette année, du fait d’une sécheresse assez sévère qui a sévi au moment de la formation de la graine, les prévisions concernant la production ont été quelque peu déjouées. Alors qu’on tablait sur deux millions de quintaux, on risque de n’engranger que 1 700 000 quintaux, et peut-être moins encore. Or, cette année, cette sécheresse n’est pas le seul inconvénient auquel semble confronté ce secteur.

On est à la mi-juillet et la campagne moisson-battage est loin d’être clôturée. Le 5 juillet, le DSA, interrogé sur ce retard, a considéré que la campagne poursuivait son cours le plus normalement du monde. Or, lancée en juin à Aïn Bessem, celle-ci n’en était, au moment où nous interrogions ce responsable, même pas à la moitié. En effet, la superficie moissonnée était, au 5 juillet, estimée à 30 000 ha, avec une production de 867 000 quintaux. Il restait donc 40 000 ha à moissonner. Ce qui est clair, c’est que si nous tenions compte de ces chiffres, les prévisions pourraient approximativement être tenues. Or, le directeur affirmait que le rendement dépendait de deux zones. Bon à hauteur de 21 quintaux à l’hectare dans des terres plus fertiles comme Haïzer, Bouira et Aïn Bessem, il devient franchement détestable à hauteur de 10 quintaux à l’hectare et moins à mesure que l’on avance vers les Hauts Plateaux (Bir Ghbalou, Sour El Ghozlane et Bordj Khris).

De gros moyens à l’œuvre

Les moyens motorisés jetés dans cette bataille sont pourtant énormes. Ces moyens, nous en avons parlé dans un récent article. À titre de rappel, le secteur dispose de 276 moissonneuses batteuses, de 2 553 tracteurs, de 1 713 remorques et de 1 383 citernes. La superficie totale emblavée est de 7 110 ha, répartie en 40 284 ha de blé dur, 12 581 ha de blé tendre, 16 301 ha d’orge et 1 626 ha d’avoine. Le cumul pluviométrique est de 495 mm réparti sur 81 jours. Hélas, l’absence de pluie aux mois les plus cruciaux (avril et mai) a marqué durement l’année agricole commencée pourtant sous de bons auspices. Ce n’est pas le seul fléau. Alors que la campagne n’en est à peu près qu’à la moitié de son lancement, les services agricoles ont enregistré quatre incendies qui ont détruit 7 hectares de blé. Enfin, une question pour conclure : pourquoi avec tous ces moyens mis en branle, la campagne accuse quand même un certain retard ?

Aziz Bey

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