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Ruée sur les friperies

Par les temps qui courent, la friperie est devenue l’une des alternatives qui s’offrent aux familles aux revenus faibles. L’achat de nouvelles fringues aux petits bambins à l’approche de l’Aïd est une étape incontournable. Toutefois, le renouvellement du saint-frusquin de sa progéniture est synonyme d’un véritable casse-tête chinois pour les pères de famille.

L’exorbitance des prix affichés aux magasins de vêtements dissuade bon nombre de ménages voulant acquérir de nouveaux habits à leurs enfants. Toutefois, l’arrivée des friperies dans l’univers du commerce des vêtements a chamboulé certaines habitudes. La friperie est entrée ces deux dernières décennies, par la grande porte, dans les mœurs vestimentaires des familles algériennes. La fripe, «El Khorda», ou encore «Chiffoun» par allusion à chiffon (vieux vêtements), sont des concepts qui n’émeuvent presque personne par les temps où tout un chacun est contraint de serrer la ceinture. Il est bien derrière nous le temps où le chaland en quête d’une veste ou d’un pantalon à bon marché éprouve gêne et désappointement en remuant le ballot d’habits usagés au niveau des étals des chiffonniers pour dégoter l’objet recherché.

Mieux encore, le marché de la fripe n’est plus, comme autrefois, l’apanage des seuls hommes qui avaient un droit quasi régalien sur ces bazars à ciel ouvert qu’ils fréquentaient comme bon leur semble. Aujourd’hui, des dizaines de mères de famille accompagnées de leurs mômes, des couples distingués et des femmes, passent leur temps à déambuler au milieu des aires des fripiers. Il y en a même qui prennent le bus pour aller faire leurs emplettes au niveau des marchés hebdomadaires régionaux de Sidi-Aïch, d’Akbou, d’Ouzellaguen, de Tazmalt… Après tout, le jeu en vaut vraiment la chandelle, puisque des milliers de chefs de famille arrivent à se procurer des vêtements de bonne qualité voire neufs, sans pour autant casser leurs tirelires.

Tout le monde s’accorde à dire que le marché de la friperie est une aubaine qui permet aisément de faire des économies substantielles en s’habillant correctement soi-même, tout en faisant profiter ses enfants. Grâce à cette gamme de produits dont les prix sont largement abordables, tant au niveau des souks quotidiens et hebdomadaires que dans les nombreux magasins spécialisés dans ce créneau, la plupart des ménages au revenu modeste font des économies appréciables. Car, se fringuer dans les boutiques d’habillement de la ville revient cher, surtout pour les familles nombreuses.

«Il est révolu le temps où on se cache comme des voleurs lorsque nous furetons dans les palettes de vêtements usés, la tête coincée entre les épaules, de crainte qu’on soit reconnu par des gens qui nous connaissent. Les temps sont durs et l’apparition des friperies nous déleste du fardeau des dépenses allouées aux nouveaux habits. Nos enfants ne sont pas mal accoutrés ni vêtus en habits de luxe», avoue sans ambages un père de famille.

Bachir Djaider

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