Les trottoirs achalandés de jouets

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Ce n'est pas encore l'Aïd El Fitr, mais la fête est bien là, surtout quand on voit tous ces jouets exposés à même les trottoirs, par les vendeurs habituels qui s'y sont installés depuis trois jours déjà.

Sous un soleil de plomb, ils sont là à attendre d’éventuels acheteurs. « Comme toujours, à chaque événement, je m’installe sur ce trottoir. Mais cette année, je vois que d’autres petits vendeurs sont là à côté. Tout comme dans tout commerce occasionnel comme celui-ci, c’est la concurrence déloyale », nous jettera ce jeune homme qui avait exposé plus de jouets que les autres. Et de nous donner quelques détails sur les prix: « par exemple, ce fusil à pompe factice est cédé jusqu’à mille deux cents dinars alors que le voisin le propose à mille cinq cents dinars. La différence est parce que celui-ci l’a acheté peut être chez une troisième main. Par contre, tous les jouets que vous voyez ici, je les ai achetés chez un grossiste à Djemaâ Lihoud, à Alger ».

Notre interlocuteur nous proposera d’autres gadgets allant de petits pantins jusqu’à de petites voitures électriques en passant par des chars militaires. Les prix varient entre six cents et deux mille dinars. Il y a tout de même des jouets à la portée des couches moyennes. « Ce n’est pas vraiment cher. Ce vendeur est le plus clément que les autres. Faites le tour des autres points de vente, et vous constaterez que les prix sont presque le double de ceux-ci », nous confiera en aparté un client accompagné de ses deux enfants. Pour cette année, il nous a été donné de remarquer que les pétards n’y sont pas présentés. À deux jours avant cette fête, les familles s’attellent à faire d’autres achats, tels les vêtements pour les enfants, mais les sorties ne sont qu’en nocturne. D’ailleurs, depuis le début de semaine, les ruelles sont si animées qu’on se croirait qu’on est en plein jour.

« Pendant la journée, avec ces températures qui frôlent souvent les 42&deg,; impossible de mettre le nez dehors. Et comme on n’habite pas loin du centre-ville, on préfère sortir la nuit », nous dira une femme qui descendait d’une fourgonnette qui assure le transport urbain. Dans notre virée au marché des fruits et légumes, nous avons aussi constaté que les prix n’ont pas augmenté. Fruits et légumes sont à la portée de tous. Sauf, peut être, pour les viandes rouges qui restent encore inabordables au point où c’est le rush sur les viandes blanches de peur que les prix de celles-ci ne flambent dans les prochaines heures.

« Pour cette année, je vous dirais que le poulet a été quand même abordable entre deux cent vingt et deux cent cinquante dinars le kilo, quand il s’agit du vif. Non seulement, l’offre est grande, mais aussi le facteur des fortes chaleurs a quelque peu poussé les éleveurs à rabaisser les prix parce que nombreux sont ceux qui ont perdu une partie de leur élevage », pensera de son côté un autre client. Tout de même, il faudra souligner que les vêtements pour enfants restent plus chers. Voici quelques exemples; les tee-shirts sont vendus entre mille cinq cents et deux mille cinq cents dinars, un ensemble en jean pour bébé à mille cinq cents dinars, des baskets jusqu’à cinq mille dinars…

Certains parents se rabattent sur les vêtements d’occasion car ils savent que d’autres dépenses les attendent, quand on sait que dès la semaine prochaine, c’est le départ en trombe des fêtes de mariages et autres cérémonies (circoncisions, réceptions Bac et BEM), et puis viendra la rentrée scolaire. Il y a de quoi avoir le tournis en pensant à ce qui attend les familles, du moins celles dont le budget est maigre.

Amar Ouramdane

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