Béjaïa et ses communes du littoral s’apprêtent à recevoir plusieurs milliers de touristes sans pour autant que les conditions ne soient toutes réunies.
Même si la saison estivale a été ouverte officiellement le premier juin dernier, le grand rush des vacanciers est attendu pour le week-end prochain. Par rush, il faut entendre un afflux important, soit plusieurs milliers d’estivants dont la moitié sont véhiculés. Le nombre augmentera au fil des jours pour atteindre son apogée la première semaine du mois d’août. Les structures d’hébergement de ces touristes ne répondent pas amplement, mais l’apport des logements privés mis en location réduira un tant soi peu les insuffisances en matière de literie. Il en sera de même pour la restauration, un volet que la multiplication de rôtisseries, conjuguée à la baisse actuelle du prix du poulet, résorbera. Mais il y a le réseau routier qui est non seulement est obsolète, mais aussi perturbé par les récents chantiers mis en place, notamment sur la route menant de Béjaïa vers le littoral Est de la wilaya. La fermeture, sans aucune raison jugée valable aujourd’hui, d’une voie de la route nationale N° 9, à la sortie Ouest du tunnel d’Aokas, et le chantier de réalisation de l’échangeur des quatre chemins engendreront, à coup sûr, des embouteillages qui n’en finiront pas. Il a fallu attendre que la saison estivale pointe du nez pour que la Direction des travaux publics procède à l’installation du chantier de l’échangeur des quatre chemins, après une attente qui aura duré plusieurs mois, pour ne pas dire plusieurs années. D’ailleurs, une fois installé ce chantier n’a démarré réellement, que ces jours-ci. À Aokas, la situation est beaucoup plus compliquée. Après la catastrophe naturelle de février dernier, il a été décidé de procéder au déroctage de la falaise afin de procéder à sa consolidation. S’étant rendu sur les lieux le soir même, Abdelkader Kadi, ministre des Travaux publics, avait donné des instructions pour que la voie soit rouverte dans les meilleurs délais. Il déclarera, par ailleurs, que des experts feront le point sur l’état du site montagneux et son activité les causes à l’origine de l’éboulement, et décider des premières mesures à prendre pour le conforter. Il chargera le directeur des travaux publics de prendre attache avec une entreprise chinoise pour discuter des modalités de prise en charge du projet de confortement des tronçons où les chûtes de pierres sont menaçantes. Depuis, ce tronçon a été effectivement fermé à la circulation, une journée de déroctage a même été faite et plus rien. Ce tronçon est devenu un goulot d’étranglement de cette RN 9, empruntée quotidiennement par plusieurs milliers de véhicules dont le nombre quintuple en saison estivale. La même route enregistre deux autres chantiers qui n’en finissent pas. Le bitumage d’un tronçon de route de 4 kilomètres à proximité du village touristique de Capritour jusqu’à Maghra et à Ireyahen, où les travaux de réalisation d’un réseau d’évacuation des eaux pluviales tardent à s’achever. Ne pouvait-on pas éviter de bloquer Béjaïa par ces menus travaux que l’on pouvait réaliser en dehors de la saison estivale.
A. Gana

