Comme leurs camarades des précédentes années, les admis au bac 2015 sont impatients de connaître la filière à laquelle chacun d’eux sera destiné. L’étape des préinscriptions en ligne à l’université a été clôturée mardi dernier et chacun souhaite, bien entendu, que son choix soit validé.
Mais à l’exception des meilleurs lauréats pouvant eux choisir librement leur université et leur branche d’étude, la plupart des admis au BAC craignent d’être affectés vers des filières non désirées. «Avec une moyenne de 14, 07 / 20 au bac sciences-expérimentales, j’espère au moins une affectation vers la filière d’architecture que j’ai choisie en priorité», dira Noura, ex-élève du lycée Al-Khalifa de Boumerdès, regrettant de n’avoir pas pu obtenir une moyenne plus élevée pour s’inscrire en médecine ou en sciences pharmaceutiques.
Avec la même moyenne ou presque, d’autres lauréats espèrent qu’ils seront retenus dans la liste des inscrits à l’école nationale des statistiques ou dans d’autres instituts de commerce. Se sentant déjà adulte, l’ex-lycéen sait parfaitement qu’il devra dans quelques années entrer dans la vie active. Et donc rien de plus logique que de rechercher en premier lieu des formations offrant un emploi.
De nombreux bacheliers scientifiques ayant obtenu entre 12 et 13 / 20, à Boumerdès ou dans d’autres régions du centre du pays, opteront ainsi, comme à l’accoutumée, pour la filière de biologie, dont les multiples spécialités sont demandées aussi bien par le secteur de la santé que ceux de l’agriculture et l’industrie sous toutes ses formes.
Le même souci est partagé par les lauréats du bac lettres et philosophie. «Au départ, tu percevras mensuellement près de 50 000 DA», rappellera un quinquagénaire à sa fille, au moment où celle-ci s’apprêtait à confirmer son choix. Finalement, elle a inscrit comme premier choix la filière de langue et littérature arabes à l’ENS d’Alger ou d’autres grandes villes du pays, pour espérer l’obtention d’un poste d’emploi permanent dans l’enseignement. «A quoi bon poursuivre des études supérieures, si l’on ne trouve à la fin aucun job !».
L’exclamation est pratiquement sur toutes les lèvres des nouveaux inscrits à l’université. S’élevant au dessus du lot, certains lauréats du bac, notamment ceux honorés dans leurs établissements ou par la direction locale de leur circonscription, montrent déjà leur disposition à aller le plus loin possible dans leurs études. Ceux-là sont potentiellement des savants ou des personnes vouées à la recherche, croyant dur comme fer que l’intérêt matériel est secondaire.
Salim Haddou
