Les localités de la wilaya de Tizi-Ouzou sont pour certaines d’entres elles de véritables décharges sauvages à ciel ouvert et le retard accusé dans la réalisation des centres d’enfouissement technique (CET), en raison notamment de leur blocage par des oppositions de citoyens, y est pour beaucoup.
La vérité est amère à dire, mais il faut un minimum de sincérité pour une réelle prise de conscience des citoyens et des pouvoirs publics sur la situation actuelle de la wilaya sur le plan environnemental.
Car en effet, avec 400 000 tonnes de déchets ménagers par an générés à travers ses différentes localités, dont la plus grande partie termine sa course aux abords des routes, dans les forêts ou en dépotoirs et décharges sauvages urbaines, Tizi-Ouzou arrive en tête du classement des wilayas du pays possédant le plus grand nombre de décharges non contrôlées.
Mais si une palme d’or devait être décernée à une route nationale en particulier pour son taux de pollution, s’est sans conteste la RN30 qui la remporterait haut la main et pour cause. L’insalubrité a atteint sont paroxysme sur cette route nationale jonchée d’ordures en tous genres. Ses abords sont infestés de décharges sauvages, de monticules d’immondices et d’objets divers, de cannettes et de bouteilles vides et de sachets noirs en veux-tu en voilà… Des montagnes de déchets ménagers sont omniprésentes, mettant à mal la faune et la flore. L’incivisme de certains citoyens n’arrangeant rien, ce sont les automobilistes qui sont à l’origine de cette accumulation galopante de saletés, jetant par les fenêtres de leurs véhicules tout ce dont ils veulent se débarrasser.
Il y a aussi ces centaines de voitures qui stationnent aux abords du barrage Taksebt et les visiteurs de tous bords, notamment les jeunes, qui y improvisent des pique-niques en y laissant, en partant, leurs divers déchets et emballages. Pour résumer, le constat est sans appel, l’échec est cuisant sur la question environnementale à Tizi-Ouzou et ce malgré les états généraux sur l’environnement organisés par l’administration locale en présence d’un parterre d’élus et d’universitaires en 2013. Tout est à faire donc dans ce secteur, notamment concernant le problème épineux du stockage des déchets et l’inefficacité des moyens matériels, financiers et humains mis à disposition par l’administration pour éradiquer définitivement ce phénomène d’insalubrité.
Inscrits à l’indicatif de la wilaya depuis 2006 et accusant un retard monstre dans leur réalisation, les CET pourraient être l’une des solutions à cette véritable catastrophe écologique. Mais les oppositions des citoyens des localités devant les accueillir persistent et bloquent un grand nombre d’entre eux. Et si certaines localités font des efforts pour une prise en charge alternative de leurs déchets ménagers, la pluparts d’entre elles semblent regarder ailleurs feignant d’ignorer cette situation pour le moins chaotique ! Cet épineux problème de l’environnement est l’un des défis majeurs qui attendent M. Brahim Merad, le nouveau wali de Tizi-Ouzou. Et à voir la situation actuelle de la wilaya sur le plan environnemental, il aura du pain sur la planche.
Taous.C

