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La sardine à 100 DA !

La prix de la sardine s’effondre à Sidi Aich en ces journées caniculaires. En effet, après avoir taquiné avec effronterie la barre des 600 DA le kilo, le cours de ce poisson pélagique a progressivement dévissé pour regagner ses «pénates» au bas du thermomètre. Pas plus de 100 DA le kilo, avons-nous constaté au marché hebdomadaire de la ville. «Les pouvoirs publics ont manifestement failli à leur mission de régulation du marché lequel joue au yoyo, au gré de l’évolution de la température», fait remarquer un citoyen de Sidi Aich.

«Même à ce prix, cette viande du pauvre trouve difficilement preneur», lui réplique une voix dans la foule. Afin d’appâter le chaland, on use de tous les subterfuges. La marchandise est régulièrement aspergée d’eau pour lui conférer une fallacieuse impression de fraicheur. Animé par la seule pulsion du gain, on jure avec la foi du charbonnier que la marchandise est ce qu’il y a de plus frais. Un attrape-nigaud qui ne dupe pas grand monde. «On fait preuve d’une mauvaise foi à la limite de l’escroquerie», clame un père de famille qui ne consent pas jouer au dindon de la farce. Il est vrai que la cargaison ne fleure plus l’odeur des marais. En bonimenteur invétéré un vendeur, debout derrière son étal achalandé glapit : «c’est une opportunité à saisir au vol, car dès demain, les prix repartiront à la hausse». Il n’est que 10 h du matin. Le thermomètre s’affole déjà : 30° à l’hombre. On déambule entre les étals, on tâte le pouls du marché et on continue son bonhomme de chemin.

«Plutôt que de prendre le risque de chiper quelque toxi-infection, je préfère ravaler mon instinct carnassier et me contenter des fruits et légumes de saison», lance à la cantonade un septuagénaire, avant de presser le pas et déguerpir. Il est vrai que ce produit carné quoi que sensible et s’abimant rapidement, est vendu, comme à l’accoutumée, dans des conditions faisant l’impasse sur les règles sanitaires les plus basiques. À commencer par l’indispensable chaîne de froid, dont on ne fait pas grand cas. «C’est un marché de dupes. On tente de nous fourguer une marchandise défraichie, à la limite de la décomposition. Et dire qu’il y a des acheteurs qui se laissent tenter», dispose un citoyen, qui dit refuser de se faire «gruger».

N. Maouche

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