La panique dans la filière de l’aviculture est provoquée par la hausse de la température et le climat caniculaire, qui sévit depuis la première semaine du mois de juillet et qui persiste encore en ce début du mois d’août avec un baromètre qui ne cesse de grimper atteignant les 45°.
Un climat pour le moins infernal qui atteint de plein fouet l’un des créneaux de l’agriculture, l’aviculture en l’occurrence, qui a enregistré un décollage exceptionnel, depuis ces deux dernières années dans la région de M’Chedallah, avec des dizaines de poulaillers dans chaque commune. Les répercutions négatives de cette chaleur torride et suffocante sur cette activité sont aussi multiples que diverses, à l’origine d’une indescriptible panique chez ceux qui exercent dans ce créneau.
A commencer par un taux assez élevé de mortalité à cause de la chaleur, particulièrement au niveau des poulaillers de fortune, sommairement aménagés. Ces derniers sont les plus nombreux à ne répondre à aucune des indispensables normes, tel que l’espace et l’aération ajoutés à des murs et toitures qui ne sont pas conçus pour faire office d’isolants, au point où il n’y a aucune différence entre les températures à l’intérieur de ces battisses rudimentaires et celles externes.
Une fournaise insupportable et fatale pour ces fragiles volailles, notamment les poussins qui succombent facilement à l’étouffement et la déshydratation. La deuxième contrainte et pas des moindres est le considérable ralentissement de croissance, ils ne sont pas nombreux parmi ces éleveurs, dont la plupart sont des «arrivistes» dans ce métier sans aucune expérience, qui parviennent à faire franchir aux poulets la barre de 2 Kg, après les 45 jours de la campagne d’engraissement habituelle, d’où la nécessité de la prolonger de 2 à 3 semaines. C’est à partir de ça, que la marge bénéficiaire commence à fendre comme…beurre au soleil, à cause des quantités supplémentaires des rations d’alimentaires forts couteuses qu’il faudrait encore engager.
La dernière contrainte qui ne peut être qualifiée que de coup de grâce est la chute vertigineuse du prix du poulet qui frôle à l’heure actuelle les 170 DA, après avoir ouvert au début du ramadhan à 300 Da le Kg. Une chute de presque 50%, un véritable bradage, auquel s’attèlent les aviculteurs pour limiter les pertes. Ce qui fait dire à Saïd, l’un des plus anciens aviculteurs de Saharidj, que cette année, les plus chanceux qui doivent s’estimer heureux seront ceux qui arriveront à sauver leur capital, sachant que la majorité n’a pas pensé à contracter une police d’assurance. D’autant plus qu’à l’heure actuelle, l’offre est nettement supérieure à la demande et que la concurrence est assez rude.
Notons pour conclure, que les répercutions négatives de la canicule sur cette filière risquent de provoquer son extinction aussi rapidement qu’elle a pris son plein essor. Il est à parier qu’ils ne se bousculeront plus, ceux qui ont essayé cette année cette activité pour refaire cette expérience qui prend la forme d’une aventure à hauts risques sur le plan financier. Celle qui tire sans aucun doute profit de cette situation relatée est sans conteste la ménagère, qui pourrait soigner ses plats et offrir des repas plus au moins équilibrés à sa progéniture, grâce à la chute du prix du poulet accessible à toutes les bourses. Le reste des créneaux de l’agriculture ne sont pas épargnés, non plus, par cette persistante et anormale canicule, comme les récoltes de saison telles que les figues fraiches, le vignoble et toute une variété de fruits et enfin les olives dont les grains ont déjà pris forme et qui ne sont pas irrigués.
Oulaid Soualah

