Draâ El-Mizan : à peine la campagne des moissons terminée – Les labours déjà lancés

À peine la campagne moissons-battages clôturée que les céréaliculteurs pensent déjà aux labours-semailles. En effet, sitôt les moissonneuses-batteuses ont quitté les champs de blé et regagné les hangars pour les entretiens nécessaires, ce sont les tracteurs-chenilles qui les ont remplacées.

De très bonne heure, ils sont en branle parce que les fellahs profitent non seulement de la fraîcheur matinale pour labourer, mais aussi estiment qu’il est temps de retourner la terre. « Il ne faut pas attendre les premières pluies. Si la terre est mouillée, le tracteur ne pourra pas y pénétrer. C’est pourquoi nous avons entamé cette première phase avant de passer à la seconde, qui consistera à semer les grains vers la fin du mois de septembre ou au plus tard au début du mois d’octobre. Chaque chose a sa place », nous répondra l’un de ces céréaliculteurs accosté devant son champ à quelques encablures du barrage d’eau.

D’autres, comme lui, n’attendent pas pour retourner la terre et tracer leurs sillons. « Il y a un manque de tracteurs-chenilles. Chacun doit attendre son tour », nous dira un autre. Concernant la saison prochaine, nous avons appris que la superficie à emblaver est la même que celle de la saison écoulée. Revenons sur les rendements obtenus lors de la campagne moissons-battages. « Dans certains champs, les rendements ont atteint des pics de 25 quintaux à l’hectare. C’est plus que satisfaisant si on prenait en compte toutes les appréhensions par rapport à la récolte, notamment avec la sécheresse qui s’est étalée presque du début mars jusqu’à la fin mai », suffira de nous dire un céréalier de Draâ Sachem très connu pour ses rendements.

Pour un agent de vulgarisation agricole, en plus des conditions climatiques, bien sûr, sur lesquelles il faudrait compter, il y a aussi le suivi des cultures. « Tous les céréaliers qui suivent l’itinéraire recommandé réussissent souvent mieux que les autres d’autant plus que, pour ces dernières années, les produits phytosanitaires sont disponibles », précisera le même agent. Ainsi, si dans la vallée, toutes les conditions sont mises du côté des agriculteurs, ceux des montagnes éprouvent d’énormes difficultés. « Nos avons quelques hectares que nous continuons toujours à travailler de manière traditionnelle. Les petits tracteurs ne sont pas disponibles. Vous savez, pour labourer nos champs, nous recourons à la méthode traditionnelle. Une heure de temps travaillée par des bœufs nous revient à mille dinars. Et combien de mètres carrés vont labourer ces bêtes par jour ? », nous interrogera ce fellah du village Kerouane, à la périphérie de la ville. Notre interlocuteur nous informe que pour moissonner quatre hectares d’orge, il a fait des pieds et des mains, en vain. « Nous appelons les responsables agricoles à nous écouter, car nous sommes les oubliés de leur politique », conclura le même interlocuteur. Cela étant, plus de deux mille cinq cents hectares seront labourés avant le lancement des semailles.

Amar Ouramdane